Face à une reprise plus vulnérable aux chocs, la Fed se réserve des outils tranchants

Des membres du dernier Comité de politique monétaire voient dans un éventuel « QE3 » un instrument plus puissant à leur disposition
Antoine Duroyon
Le siège de la Fed à Washington. Photo: Andrew Harrer/Bloomberg
Le siège de la Fed à Washington. Photo: Andrew Harrer/Bloomberg  - 

La semaine dernière, le président de la Fed, Ben Bernanke, a reconnu que l’opération Twist, consistant à vendre 400 milliards de dollars de titres d’Etat de maturité courte (inférieure à 3 ans) pour acheter un montant identique d’obligations de maturité plus longue (de 6 à 30 ans), est une «étape significative mais qui ne change pas la donne» pour raviver la croissance économique et réduire le chômage. Les minutes du Comité de politique monétaire (FOMC) des 20 et 21 septembre, au cours duquel a été adopté le programme Twist (sept voix pour, trois contre), montrent que certaines options restent encore ouvertes pour, le cas échéant, une action plus vigoureuse.

«Un certain nombre de participants ont vu dans des rachats d’actifs à grande échelle un outil potentiellement plus puissant qui devrait être retenu comme option au cas où une mesure de politique monétaire supplémentaire pour soutenir une reprise économique plus marquée se justifierait», souligne le compte-rendu. D’autres membres ont toutefois fait remarquer qu’un accroissement du bilan de la Fed «aurait probablement plus pour effet de relever l’inflation et les anticipations d’inflation que de stimuler l’activité économique». Ils ont de ce fait recommandé que «de tels outils soient réservés pour des circonstances où le risque de déflation est élevé».

De manière plus consensuelle, la plupart des participants réclament des mesures supplémentaires pour renforcer la transparence de la politique monétaire. Ils estiment dans l’ensemble que «les communiqués du FOMC post-réunion ne sont pas très adaptés pour transmettre entièrement les réflexions du Comité concernant ses objectifs et le cadre de sa politique». Ils sont ainsi convenus de recourir à d’autres «moyens» pour compléter le communiqué, sans préciser lesquels. Le président de la Fed de Philadelphie, Charles Plosser, a également estimé hier que la Réserve fédérale devrait clarifier ce qui justifie un assouplissement monétaire. Les minutes laissent en tout cas transparaître une analyse plus sombre de la conjoncture, avec des risques baissiers significatifs. «Nos décisions de politique sont motivées par une chose : remettre notre économie sur les rails», a déclaré hier Sandra Pianalto, la présidente de la Fed de Cleveland.

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