Euronext se prépare à supprimer le quart de ses effectifs en France
Euronext soumet ses équipes parisiennes à un régime sec. L’opérateur boursier a annoncé lundi lors d’un comité d’entreprise exceptionnel la suppression de 101 emplois sur environ 350 salariés en France, ce qui représente près de la moitié des effectifs du groupe. Le projet doit être présenté aujourd’hui lors d’une assemblée générale du personnel, comme l’ont révélé Les Echos. Les partenaires sociaux ayant deux mois pour rendre leur avis, les premières lettres de licenciement pourraient partir cet été.
En net, compte tenu des embauches prévues dans des activités plus tournées vers le client, environ 80 postes seraient touchés, selon des sources proches du dossier.
Les structures Euronext Paris et Euronext Technologies (la partie informatique), qui emploient respectivement autour de 196 et 156 CDI, devraient supporter à parts égales les suppressions de postes. «Toutes les fonctions et les métiers sont touchés, du listing et de la surveillance des marchés jusqu’aux moyens généraux. Comment l’entreprise Euronext Paris va-t-elle pouvoir fonctionner, de manière pérenne, avec 50 salariés de moins ?», s’inquiète un membre de l’intersyndicale, qui rassemble la CFDT, la CFE-CGC et la CGT. Celle-ci aura comme interlocuteur Marc Bijaoui, spécialiste des restructurations, passé par les abattoirs Gad, arrivé à la DRH fin 2014.
L’opérateur boursier justifie ces coupes claires par son objectif d’économies, porté de 60 à 80 millions d’ici à 2016, et d’une marge groupe de 53% à cet horizon, contre 45,8% fin 2014. Mais aussi par le changement lié à sa sortie du périmètre d’ICE et à son recentrage sur la zone euro. L’entreprise avait hérité de fonctions supports dimensionnées à l'échelle du groupe Nyse Euronext. Sa logique est de maigrir dans les pôles administratifs, tout en renforçant ses métiers, où il a recruté environ 50 salariés au niveau groupe.
Euronext, qui ne communique pas de résultats par pays, a fait progresser de 35% son bénéfice par action l’an dernier. Son cours de Bourse a doublé depuis l’IPO à 20 euros en juin. Des résultats jugés déjà bons par les syndicats, qui établissent un lien entre le plan et les rémunérations des principaux dirigeants. Ces derniers ont vu leurs conditions de performance modifiées en 2015: leur bonus à court terme dépend pour 20% des réductions de coûts et pour 20% des objectifs d’Ebitda, tandis que l’indicateur d’Ebitda conditionne pour moitié le plan d’intéressement à long terme des managers.
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