Euronext étoffe sa gamme de produits dans ses activités de dérivés
Le lancement début 2015 de produits EFP sur indices actions témoigne des nouvelles ambitions du groupe dans ce métier à l’approche de son IPO
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Alexandre Garabedian
Euronext muscle son activité de produits dérivés. La Bourse va lancer, au premier trimestre 2015, une plate-forme permettant de négocier des exchange for physical (EFP) sur les indices actions CAC 40 et AEX Index. Une première pour ce type d’instruments.
Les EFP permettent à deux parties d’échanger d’une part, un actif, et d’autre part, une position à terme sur ce sous-jacent. Il s’agit avant tout d’un marché de gré à gré, même si certaines plates-formes boursières en traitent sur les matières premières, comme ICE, ou sur une action à la fois. «Le produit est destiné à la clientèle institutionnelle. Il permet de négocier la base, c’est-à-dire la différence entre le prix du contrat à terme sur indice et celui de l’indice. Par rapport au marché du gré à gré, nous offrirons un carnet d’ordres centralisé anonyme, un algorithme de calcul qui crée le lien entre les contrats à terme et les actions en allouant à chaque constituant de l’indice le bon volume et le bon prix, et un transfert du risque de contrepartie grâce à la compensation centralisée chez LCH.Clearnet», explique Alicia Suminski, responsable du développement pour les marchés au comptant et dérivés européens chez Euronext. Ces développements expliquent le lancement effectif du projet début 2015, le temps que toutes les parties prenantes au marché puissent s’y connecter. Une plate-forme test doit être ouverte mi-novembre. BNP Paribas, Credit Suisse et la Société Générale sont associés au développement de cette solution.
Euronext reste discret en termes d’objectifs chiffrés. «Il s’agit aujourd’hui d’un marché de gré à gré et de spécialistes pour lequel nous ne disposons pas de volumes officiels. Mais nous nous attendons à des transactions de taille importante. Une fois la plate-forme lancée, nous pourrions aussi l’élargir à d’autres indices», indique Alicia Suminski.
Cette innovation traduit au passage les nouvelles ambitions d’Euronext pour son activité de dérivés. Celle-ci vivait jusqu’à présent dans l’ombre du Nyse et du Liffe, jusqu’au rachat par ICE. Appelée à prendre d’ici à l’été son indépendance par le biais d’une IPO, la Bourse européenne n’a pas vocation à concurrencer les deux géants Liffe et Eurex sur les produits de taux. Mais ses dérivés sur actions, indices et matières premières constitueront l’un de ses relais de croissance. Euronext a d’ailleurs déjà lancé davantage de nouveaux produits ces 4 derniers mois que lors des deux années précédentes.
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