Eurazeo donne la priorité à son portefeuille d’actifs
Fort d’un résultat net record, la firme pourrait notamment se renforcer dans Rexel
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Antoine Landrot
Le monde est trop injuste : alors que le résultat net part du groupe d’Eurazeo pour 2007 affiche une hausse de 198 % par rapport à l’exercice précédent et atteint 911 millions d’euros (lire L’Agefi du 28 mars), le titre présentait hier une décote de 20 % par rapport à l’actif net par action de 104 euros observé au 31 décembre 2007. « Je n’arrive pas à m’expliquer que nous ayons autant souffert que ceux dont les participations cotées ont davantage souffert en Bourse », déplore Patrick Sayer, son président du directoire. Une pierre dans le jardin de son concurrent Wendel, fortement pénalisé en Bourse par la dégringolade du titre Saint-Gobain, dont la société d’investissement détenait au 26 mars 20,6 %.
Devant tant d’ingratitude et, surtout, des conditions de marché peu propices au financement d’acquisitions, le mieux est de gérer les actifs déjà détenus en portefeuille. A l’instar de nombre de ses homologues, Eurazeo y consacrera une bonne partie de son temps cette année. L’exercice précédent avait déjà vu Europcar acquérir l’américain Vanguard EMEA, et B&B Hotels jeter son dévolu sur Villages Hôtels. Patrick Sayer a ainsi indiqué que la firme était prête à monter au capital de Rexel, introduit en Bourse en 2007 et dont elle détient encore 21 %, si l’un des co-investisseurs (Clayton Dubilier & Rice et Merrill Lynch Private Equity) se désengageait. Au passage, il a confirmé qu’Eurazeo cherchera à sortir de Veolia dans les cinq à douze mois qui viennent. L’activité immobilière d’Eurazeo, qui a lancé en 2007 Colyzeo II, son deuxième véhicule dédié d’un milliard d’euros, devrait également lui permettre de diversifier son activité.
En termes de rendement, le marché doit faire son deuil des performances presque arrogantes affichées par les firmes de capital-investissement. Eurazeo ne fait pas exception : oubliés les 53 % de TRI (taux de rendement interne) enregistrés sur ces actifs cédés entre 2005 et 2007 (Terreal, Fraikin, Eutelsat…). « Des TRI de plus de 15 % restent complètement possibles », illustre Patrick Sayer.
Enfin, pour couper court aux rumeurs, le président du directoire a affirmé haut et fort le soutien de deux actionnaires de référence d’Eurazeo, le Crédit Agricole (16 %) et la holding de la famille David-Weill, SCHP (19,7 %), malgré l’arrivée à échéance du pacte d’actionnaires en 2007.
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