Engie, victime collatérale de la polémique euro-américaine sur Apple ?
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Philippe Mudry
Margrethe Vestager, Commissaire européen à la concurrence, a entamé hier une visite aux Etats-Unis consacrée à l’affaire Apple.
Mais en politique consommée, elle a préparé le terrain.
Avant de partir, elle a déclenché une autre enquête pour pratique discriminatoire contre le Luxembourg, accusé d’avoir accordé un traitement de faveur à un groupe européen celui-là, et même français, Engie.
Certes le cas Engie n’a que très peu à voir avec celui d’Apple.
Alors qu’il est réclamé 14 milliards de dollars à la firme américaine, Engie ne risquerait au pire que quelques petites centaines d’euro, selon certaines estimations non confirmées, si les faits que lui sont reprochés sont établis.
Par ailleurs, Apple est accusé d’avoir pendant des années réparti ses bénéfices sans rapport avec la réalité économique de l’entreprise avec le concours actif du gouvernement irlandais.
Dans le cas d’Engie, à l’époque encore GDF-Suez, les pratiques en cause sont beaucoup plus limitées.
C’est d’avoir mal comptabilisé les conséquences fiscales d’émissions d’obligations convertibles intra-groupe entre 2009 et 2011.
Le tout en vertu d’une autorisation dérogatoire que lui aurait accordée le Luxembourg ce qu’Engie dément.
Reste que cette opportune mise en cause d’un groupe européen permettra peut-être à Mme Vestager de mieux plaider sa cause contre Apple à Washington.
Elle ne devait pas y être accueillie en amie.
La Maison-Blanche et le « big business » américain sont ulcérés de voir Apple ainsi mis à l’amende et accuse Bruxelles de concentrer son tir sur les groupes américains.
De là à penser qu’Engie pourrait être une victime collatérale de la polémique, il n’y a qu’un pas qu’il est bien tenant de franchir…
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