En cas de crise bancaire, les députés veulent un «bail-in» dès 2015
Plus de protection pour les déposants et les contribuables et des droits renforcés pour les autorités des pays qui abritent des filiales de groupes bancaires : tels sont les principales demandes des députés européens. La directive sur la gestion de crise et la résolution bancaire en discussion depuis juin 2012 doit jeter les bases d’un régime commun de gestion de crise et de résolution bancaire, allant de la mise en place de plans et de fonds de résolution nationaux à la définition des mesures préventives telles que le remplacement du management.
S’agissant du «bail-in», autrement dit la participation des actionnaires et des créanciers à la recapitalisation ou au financement d’une résolution, les députés ont cherché lors d’un vote de la commission compétente lundi soir à Strasbourg à raffermir la protection des dépôts inférieurs à 100.000 euros qu’ils souhaitent intouchables, mais également celle des dépôts supérieurs à 100.000 euros. Ces derniers devraient arriver tout à fait en queue dans l’ordre de priorité des créanciers «taxables». Leur position heurte celle de certains Etats membres du Conseil qui ne souhaitaient pas créer de statut de créancier préférentiel. Or, députés et ministres des finances doivent à présent se mettre autour de la table pour conclure la négociation et permettre l’entrée en vigueur de ces dispositions en 2015.
Le vote d’hier esquisse sur ce point une piste de compromis en proposant de faire entrer en vigueur les règles de bail-in dès 2016 (au lieu de 2018 dans le texte originel), une position qui se rapproche de celle de Berlin. Les élus ont aussi voulu préciser les conditions d’un soutien financier public aux banques en difficulté en précisant qu’il ne pouvait intervenir qu’en dernier ressort une fois le bail-in terminé et sous trois formes : garantie, apport en capital et nationalisation temporaire.
Enfin, ils se sont montrés inquiets des conséquences de la résolution sur la fourniture de services bancaires dans les pays des filiales des groupes européens. Ils souhaitent renforcer les droits de ces pays «hôtes» en permettant notamment à leurs autorités d’exiger des plans de résolution spécifique pour leur filiale ou de revoir les accords de financement intra-groupe. Alors que la directive proposée en 2012 sera encore en négociation, la Commission européenne devrait publier dès juillet un nouveau texte sur un financement paneuropéen de la résolution.
{"title":"","image":"79744»,"legend":"EMISSIONS CREDITS»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Nvidia s'associe à six institutions de Wall Street pour financer l'infrastructure de l'IA
L'initiative qui vise le déploiement de plus de 500 milliards de dollars est soutenue par Apollo, BlackRock, Blackstone, KKR et Brookfield, ainsi que par Goldman Sachs. -
Intel prévoit une augmentation de capital de 15 milliards de dollars
Avec un cours multiplié par cinq depuis son plus bas de l’été dernier, Intel capitalise sur l’engouement pour l’IA. Il en profite pour conforter son bilan avec la vente de nouveaux titres. Une première depuis sa cotation en 1971. -
Les perspectives des banques françaises s'assombrissent
Les résultats financiers des banques françaises ont été très solides au premier semestre. Pour autant, il n’y a pas de quoi pavoiser selon Fitch Ratings qui maintient une perspective négative sur le secteur pour 2026. En cause : plusieurs facteurs de risques auxquels le Crédit Mutuel Alliance Fédérale apparaît plus exposé que les autres. -
Les agents immobiliers doivent repenser la prospection avec les nouvelles règles du démarchage
A compter du 11 août, les agents immobiliers ne pourront plus appeler librement les particuliers ayant mis leur bien en vente sur les sites d’annonces. Une interdiction qui pourrait transformer en profondeur les méthodes de prospection d’un secteur habitué au démarchage à froid. -
Robeco privilégie les trajectoires aux historiques d’émissions
L'équation entre le temps court des marchés et le temps long de la transition reste un défi. Le gestionnaire d'actifs néerlandais lance une nouvelle génération d’indices conçue pour identifier les entreprises les mieux préparées aux défis climatiques de demain. -
VanEck s’apprête à lancer un ETF Ucits axé sur l’agroalimentaire
Le gestionnaire d’actifs américain va répliquer son véhicule déjà présent à la Bourse de New York.
ETF à la Une
L&G AM lance le premier ETF UCITS exclusivement dédié aux obligations d’Etat africaines
- De prince déchu de l’IA à lanceur d’alerte malgré lui
- Oddo BHF met la main sur la plateforme de services aux fonds Ifsam
- Pimco et AllianzGI collectent 87 milliards d'euros au premier semestre 2026
- La finance climatique franchit les 2.000 milliards de dollars
- AllianzGI accélère son expansion en Asie avec l'acquisition d'UOB Asset Management
Contenu de nos partenaires
-
La folie des hauteurs : notre sélection de rooftop à Paris
Cet été, les toits parisiens se mettent à l’heure de la croisière estivale. Entre le paquebot du Molitor, la niçoise perchée du Bigoudi et le crépuscule doré du Peninsula, tour d'horizon des rooftops les plus convoités de la capitale -
Confort d'étéCanicule : ces solutions tech pour améliorer le confort de vos logements
Des experts présentent des alternatives à la climatisation pour mieux supporter à court terme les vagues de chaleur -
Le RN et la malédiction du second tour (1/4)Présidentielle de 2002 : Jean-Marie Le Pen face au mur du rejet
Longtemps, la légende fut que Jean-Marie Le Pen ne voulait pas du pouvoir. L’entre-deux-tours de la présidentielle de 2002 raconte une autre histoire : même s’il le convoitait ardemment, il n’était pas prêt à le conquérir.