«En 2015, la zone euro pourrait offrir un meilleur rendement que les actions américaines»
- L’Agefi: La récente baisse des marchés actions européens ne réduit-elle pas votre optimisme ?
- Patrick Moonen: Non, nos hypothèses sont toujours valables. Nous prévoyons une croissance des bénéfices autour de 9-10% et des valorisations un peu plus élevées, en fonction des actions de la BCE et de la Fed. La baisse du prix du pétrole a été un facteur inquiétant pour plusieurs segments de marché directement liés à ce prix, mais elle sera éventuellement un facteur de soutien pour la croissance mondiale, au travers d’une hausse de la consommation. La baisse du prix du pétrole peut aussi être une incitation pour la BCE de continuer à s’acheminer vers un «quantitative easing» souverain, afin d’inverser la tendance à la baisse des anticipations sur l’inflation. Enfin, l’appréciation attendue du dollar pourra être un facteur de soutien supplémentaire.
- Les multiples de valorisation de S&P 500 ne sont-ils pas trop élevés ?
- Les valorisations pour le S&P500 sont en effet tendues. Aussi, l’année prochaine, comme en 2014, la performance doit provenir exclusivement de bénéfices plus élevés, en particulier si (et quand) la Fed décide de resserrer sa politique monétaire. Nous attendons une croissance de 5-6% des bénéfices aux Etats-Unis, probablement plus faible qu’en zone euro et au Japon. Une économie domestique forte et davantage de rachats d’actions seront les moteurs de cette croissance des bénéfices. En 2015, la zone euro et les actions japonaises pourraient offrir un meilleur rendement que les actions américaines. En même temps, nous craignons une volatilité plus élevée en zone euro et au Japon, eu égard aux incertitudes macroéconomiques et politiques. Le Japon reste notre marché de prédilection.
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