Dublin précise ses projets pour les créanciers subordonnés des banques
La probabilité de pertes se précise pour les créanciers obligataires subordonnés des banques irlandaises. En présentant la semaine dernière au Parlement les détails du plan d’aide élaboré par l’Union européenne et le Fonds monétaire international, le gouvernement de Dublin a précisé le sort qui attend les porteurs de dette. Le projet de loi de restructuration qui permettra d’imposer des pertes aux créanciers juniors d’Anglo Irish et d’Irish Nationwide devrait être présenté d’ici à fin 2010. «Cette approche devra être considérée dans d’autres situations où une institution reçoit un soutien de l’Etat substantiel et significatif en termes de capital pour maintenir ses ratios de solvabilité», écrit le ministère des Finances irlandais. Des injections de fonds publics: c’est justement ce qui attend Allied Irish Bank (AIB) et Bank of Ireland (BoI), dont les besoins en capitaux supplémentaires à lever d’ici à fin février 2011 ont été estimés respectivement à 9,7 et 2,2 milliards d’euros.
En parallèle, les porteurs subordonnés peuvent s’attendre à des offres de rachat décotées de leurs titres dans les prochains mois. «La mise en place d’exercices de gestion des passifs sur le modèle de celui qui se déroule actuellement chez Anglo Irish Bank débuteront à la fin du premier trimestre 2011», indique Dublin.
Anglo Irish a lancé cet automne des offres de rachat et d’échange sur plusieurs lignes subordonnées, faisant ressortir une décote de 80% sur le nominal des créances, ainsi que sur des dettes tier one et upper tier 2, à 5% du pair. L’ensemble de ces opérations doit lui permettre de gagner 1,6 milliard d’euros en capital, sur un nominal de près de 2 milliards. Pour AIB et BoI, les montants en jeu sont plus importants: leur stock de dette subordonnée se monte respectivement à 4,5 et 4,4 milliards d’euros. En appliquant les mêmes ratios que pour Anglo Irisih, un échange ou un rachat en totalité des lignes équivaudrait à 7,9 milliards de pertes pour les porteurs. Moody’s a d’ailleurs placé jeudi sous surveillance les notes des dettes subordonnées d’AIB.
Les documents du ministère des Finances irlandais précisent bien en revanche qu’aucun plan d’aide n’aurait été envisageable si Dublin n’avait pas honoré ses engagements auprès des créanciers seniors.
Plus d'articles du même thème
-
Le pétrole hésite face aux baisses et regains de tension entre l'Iran et les Etats-Unis
Oscillant autour de 90 dollars le baril, le pétrole brut monte avec les bombardements et descend avec les annonces de négociations. Toutefois, les stocks commencent à baisser, risquant de ne plus compenser le manque d'offre. -
Neura Robotics boucle un tour de table record de 1,4 milliard de dollars auprès d'Amazon, Nvidia et Tether
La start-up allemande de robotique a bouclé, mercredi 10 juin, un tour de série C qui la valoriserait 7 milliards de dollars. -
La Cour des comptes vole au secours de la niche Copé
Malgré son coût élevé, la niche Copé conserve les faveurs de la Cour des comptes. La juridiction financière juge ce dispositif fiscal utile pour préserver la compétitivité française. -
Le Groupe Orion se dote d'une société de gestion
L’acteur de la gestion de patrimoine présent en B2B via une plateforme et en B2C avec un réseau de cabinets rachète Fideas Capital, un gérant aux 800 millions d'euros d'encours spécialisé dans la gestion quantitative. -
L’heure du choix approche pour UniCredit sur Commerzbank
La banque italienne est en mesure de détenir au moins 40% de sa rivale allemande, ce qui lui offrirait un contrôle de fait sur l'entreprise. Paradoxalement, UniCredit aurait peut-être pourtant intérêt à rester sous ce seuil pour le moment. -
Prodige de BarcelonaTech, Theker boucle une des plus grosses levées de la robotique en Europe
Issue de l'Universitat Politècnica de Catalunya, qui abrite l'un des pôles européens les plus dynamiques en robotique, la jeune pousse catalane lève 85 millions de dollars lors d'un financement de série A mené par CRV, associé à Cathay Innovation, Samsung et LVMH.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreEt si votre plus grand risque numérique n’était pas un piratage, mais un pot de départ ?
Alors que les entreprises rivalisent d’investissements en intelligence artificielle, l'auteur pointe une menace autrement plus silencieuse : la perte massive de savoir opérationnel entraînée par les départs en retraite. Une urgence que ni un outil, ni un budget IT ne règlera seul -
Un autre âge« Ça paraît fou » : l'effroyable réalité sur les outils de travail des procureurs
Malgré des alertes répétées, les parquetiers travaillent avec des logiciels obsolètes qui les empêchent de suivre correctement leurs dossiers -
Tour d'écrouLa BCE serre la vis des prix et... de la croissance
La Banque centrale européenne a relevé ses prévisions d'inflation, tout en révisant à la baisse ses objectifs de croissance pour 2026 et 2027