D’ici à six mois, les pressions baissières s’exerçant sur le dollar l’emporteront
L’Agefi : Pour quelles raisons tablez-vous sur une dépréciation du dollar face à l’euro sur les six prochains mois?
Hélène Baudchon : Le dollar est soumis pour une large part aux fluctuations de l’aversion pour le risque. Dès lors que celle-ci diminue, le dollar perd au passage un facteur de soutien. Fondamentalement, sa dépréciation est nécessaire car elle participe au processus de rééquilibrage de la croissance américaine, en contribuant à la réduction du déficit courant. A l’horizon très court des six prochains mois, les pressions baissières s’exerçant sur le dollar l’emporteront, le résultat d’un moindre attrait des investisseurs à la recherche de rendements. Mais, dans la mesure où il reste de nombreuses incertitudes sur le moment et ensuite la vigueur de la reprise, son statut de valeur refuge en environnement incertain contribuera à freiner la dépréciation du dollar.
La livre bénéficie-t-elle encore de facteurs de soutien ?
La livre intègre déjà nombre de mauvaises nouvelles en particulier sur le front conjoncturel. La récession qui sévit outre-Manche est sévère. La cure de désendettement, côté ménages, s’annonce draconienne ce qui constitue un frein durable à la croissance. La faiblesse de la livre est aussi entretenue par la décision de la Banque d’Angleterre de s’engager dans une politique agressive d’assouplissement quantitatif qui fait gonfler l’offre de monnaie. A horizon des six prochains mois, la livre pourrait néanmoins capitaliser sur des perspectives économiques allant en s’améliorant, en phase avec les retombées attendues des mesures de relance. Le retour timide de l’appétit pour le risque constitue un autre facteur de soutien.
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