Dexia Asset Management tarde à trouver preneur
La vente de BIL enfin bouclée vendredi moyennant une moins-value de 200 millions d’euros, Dexia va pouvoir se consacrer pleinement au dernier gros dossier de cession qui lui reste: celui de sa filiale de gestion d’actifs. La relance du processus, mené par Barclays, s’impose.
Fin juin, la banque franco-belge avait indiqué discuter avec trois repreneurs potentiels pour Dexia Asset Management, sans les nommer. Il s’agissait du tandem chinois Hony Capital - GCS Capital, de l’australien Macquarie et de l’assureur américain New York Life. Mais depuis, les négociations patinent sérieusement, selon plusieurs sources proches.
New York Life aurait refermé le dossier. Quant aux deux autres prétendants, ils ne lorgnent en fait qu’une partie de Dexia AM, son activité australienne. Le groupe a établi en 1997 à Sydney une joint-venture, Ausbil Dexia, dont il détient 72% du capital aux côtés des dirigeants locaux. Cette structure spécialisée sur les marchés actions gère autour de 11 milliards de dollars australiens (8,6 milliards d’euros), soit plus de 10% des encours totaux de Dexia AM, qui s’élevaient à 78,7 milliards fin juin. Mais le poids de cette boutique de gestion active dans la marge du groupe est bien supérieur.
Les activités européennes de Dexia AM, au contraire, n’intéressent pas les deux acquéreurs chinois et australiens. C’est là que se trouve la grande majorité de l’effectif de 550 collaborateurs, et les marges y sont faibles. Surtout, la valeur de l’activité dépend des accords de distribution signés avec les réseaux bancaires.
Or, le démantèlement de Dexia brouille la visibilité, même si l’accord avec Belfius (l’ex-Dexia Banque Belgique, nationalisée en 2011) a été prolongé de six ans. «Pour un acquéreur étranger, cela revient à acheter une activité en run-off, car à l’issue des accords, il est probable que les réseaux distributeurs passeront en architecture ouverte», souligne un banquier.
Conséquence: si sa filiale trouve preneur, le groupe sera loin de toucher le montant de 500 millions d’euros qui avait circulé dans la presse au début du processus. Pressé par Bruxelles, il doit pourtant faire vite, l’incertitude étant nuisible au développement commercial de Dexia AM. Les encours gérés ont fondu de 10% l’an dernier – même si, sur 2012, ils se sont stabilisés –, et les revenus de même, pour un résultat avant impôt en repli de 15% à 54 millions d’euros.
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