Deux conseils d’administration revendiquent la direction de Solabios
Du jamais vu ! Deux conseils d’administration différents revendiquent la direction de Solabios, spécialiste du photovoltaïque. Face à la crise du solaire, la société a proposé l’an dernier aux investisseurs propriétaires des centrales photovoltaïques de transformer leurs parts de sociétés en participations (SEP) en obligations convertibles (OC) en actions Solabios. A cette époque, début 2013, le PDG, Frédéric Errera, qui détenait alors 58% du capital, abandonne ses fonctions de directeur général à son directeur commercial Avy Partouche.
Le 9 septembre, Solabios annonce le triplement du capital social, par la conversion de 10% des OC. Les ex-obligataires détiennent ainsi les deux tiers du capital, tandis que Frédéric Errera se voit dilué autour de 20% du capital.
Frédéric Errera assigne alors Solabios en référé pour la forcer à constater la privation d’une partie des droits de vote des ex-obligataires pour non-déclaration des franchissements de seuils dans la perspective de l’AG du 23 septembre. Ce que ne fait pas le tribunal de commerce de Nice, préférant botter en touche en renvoyant au fond et en constatant que ces actions issues des OC « ne sont pas opposables aux actionnaires actuels et à la SA Solabios». La société a immédiatement interjeté appel.
Le matin même, le conseil d’administration a démis Frédéric Errera de ses fonctions de président et nommé à sa place Avy Partouche. Un autre conseil a ajourné l’AG (Balo du 30 septembre). Pour sa part, Frédéric Errera dit avoir tenu cette AG, révoquant tous les autres administrateurs et en nommant d’autres, avant de réunir un nouveau conseil qui l’a nommé PDG. Le greffe du tribunal de Nice ayant enregistré ces différents procès verbaux dans l’ordre chronologique, Frédéric Errera a ainsi obtenu un Kbis le reconnaissant PDG de Solabios. Il parle alors de «changement de contrôle clandestin mis en échec» et demande la suspension de l’action, cotée sur Alternext.
Dans ce contexte, «la situation est grave, confie Frank Martin Laprade, associé chez Jeantet, avocat de Solabios. D’une part, les locaux parisiens de Solabios ont été intégralement vidés de leurs dossiers et de tout le matériel informatique, ce pour quoi nous avons porté plainte contre X. D’autre part, les banques de Solabios refusent l’accès aux comptes tant que la situation n’est pas clarifiée. Il faudrait reconvoquer au plus vite l’AG qui aurait dû se tenir le 23 septembre».
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