Des voix s'élèvent à Pékin pour une politique de change offensive
Un responsable chinois évoque la possibilité de laisser le yuan se déprécier du fait des sorties de capitaux et de la baisse des réserves de change
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Patrick Aussannaire
La Chine est de plus en plus tentée de déprécier son taux de change. Fan Jianping, chef économiste du State Information Center, «think-tank» chinois proche du gouvernement central, a indiqué que les récentes sorties de capitaux hors du territoire chinois pourraient sonner le glas de la politique d’appréciation du yuan. Afin d’en mesurer l’ampleur, il suffit, selon lui, de se référer à la baisse des réserves de change chinoises en devises étrangères, qui a été de 61 milliards de dollars à 3.202 milliards en septembre. Hier, la Banque Populaire de Chine (BPC) a fixé la parité quotidienne du yuan à un niveau 0,06% plus faible que la veille, à 6,3247. Le yuan reste néanmoins sur une tendance haussière, en hausse de 0,2% hier à Hong Kong à 6,3705.
Après l’adoption par le Sénat américain d’un projet de loi qui autoriserait des taxes compensatoires sur les produits importés de pays sous-évaluant leur monnaie et notamment la Chine, Pékin avait réagi en fixant la parité de son taux de change contre dollar à des niveaux inférieurs. Le premier ministre Wen Jiabao avait alors prévenu : «Même si nous devons soutenir notre croissance en stimulant la demande intérieure, nous ne comptons pas abandonner si facilement notre poids dans le commerce international» en gardant un renminbi «relativement stable», par le maintien de sa politique tarifaire extérieure et par un soutien accru aux entreprises locales exportatrices.
«Parmi les différentes composantes de la demande, le seul point négatif est celui du commerce extérieur» estime Natixis. L’OCDE prévoit un ralentissement de la croissance chinoise à 7,5% en 2012. Dans le même temps, le rythme de hausse des prix à la consommation a ralenti à 5,5% en octobre après 6,1% en août, du fait du ralentissement des prix alimentaires et d’effets de base favorables.
Et la BPC de donner des premiers signes d’assouplissement monétaire. Elle a émis des titres à un an hier à un taux de 3,5733%, contre 3,5840% lors des onze dernières émissions selon Bloomberg. «C’est un signe d’assouplissement monétaire», estime Guo Caomin, analyste chez Industrial Bank. «Mais une baisse aussi faible du taux devrait être suivi d’un abaissement du taux de référence», ajoute-t-il. Le taux de swap à un an a baissé de 7 pb hier à 3,17%, son plus faible niveau depuis mars, alors que le taux à 2 ans avait déjà baissé de 30 pb à 3,26% la semaine dernière.
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