Elles assurent que l’exécutif est prêt à progresser rapidement sur la taxe sur les transactions financières. Emmanuel Macron n’avait pas pris d’engagement pendant la campagne.
Publié le
Solenn Poullennec
Le projet de taxe sur les transactions financières européenne sera-t-il relancé par la France ?
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crédit UE/PE.
Plusieurs ONG assurent que le gouvernement français va relancer le projet de taxe sur les transactions financières européenne (TTFE) alors que le président de la République s’était montré prudent sur cette question pendant sa campagne. Bercy assure qu’il n’y a pas de changement à ce stade.
Selon Oxfam, le président Emmanuel Macron «a annoncé vouloir conclure l’accord sur la taxe sur les transactions financières cet été», à l’occasion d’une rencontre organisée cette semaine sur la lutte contre le changement climatique dans le contexte du retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris. «Emmanuel Macron a dit qu’on pouvait avancer très rapidement sur cette taxe, en tout cas, avant septembre», abonde Morgane Créach, directrice du Réseau Action Climat et présente à la réunion. «On ne s’attendait pas forcément à ce qu’il soutienne cet instrument», ajoute-t-elle.
«Je suis favorable à la taxe sur les transactions financières mais je veux savoir quel est le point d’arrivée de la négociation sur le Brexit. Mettre cette taxe sur les pays de la zone euro et pas en Grande-Bretagne serait une folie», avait déclaré Emmanuel Macron dans un entretien au journal Le Parisien publié en avril. «Je ne veux pas de la combinaison d’une TTF en Europe et d’un Royaume-Uni qui disposerait d’un passeport pour accéder au marché unique», disait-il à Libération en mars.
L’Elysée se refuse à commenter ce qui s’est dit pendant la réunion avec les ONG et renvoie vers Bercy. «Nous restons sur les engagements de campagne du président de la République», assure un porte-parole du cabinet du ministre de l’Economie Bruno Le Maire.
Le projet de TTFE a été présenté par Bruxelles il y a près de six ans. Faute de trouver un consensus au niveau de l’Union européenne, onze Etats membres ont décidé de poursuivre les discussions sur ce projet dans le cadre d’une coopération renforcée en 2013. Ils ne sont plus que dix aujourd’hui. A de multiples reprises les représentants des Etats ont assuré qu’ils étaient sur le point de trouver un accord mais celui-ci n’a jamais vu le jour. De quoi soulager les professionnels de la finance qui redoutent qu’une telle taxe n’entraîne la délocalisation de nombreuses activités en dehors des juridictions concernées et soulignent qu’elle ne rapportera pas les sommes espérées du fait de l’érosion de la base taxable.
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