Des experts du FMI proposent une façon alternative d'évaluer la finance parallèle
Pour mesurer la taille de la finance parallèle (shadow banking), des experts proposent dans une note publiée cette semaine par le Fonds monétaire international (FMI) de ne pas s’en tenir aux activités menées par les institutions non bancaires mais d’inclure aussi certaines activités des banques. Une approche sensiblement différente de celle proposée par le Conseil de stabilité financière (FSB).
Alors que la régulation des activités bancaires est revue et renforcée depuis la crise, les politiques et régulateurs internationaux s’inquiètent du fait que la stabilité financière puisse être menacée par d’autres activités peu ou pas encadrées. Pour tenter de limiter ce risque, les autorités internationales réunies au sein du FSB veulent encadrer davantage les fonds monétaires, la titrisation ou encore les opérations de financement sur titres.
Le FSB, qui a estimé dans un récent rapport que le shadow banking pesait 75.000 milliards de dollars à la fin de l’année 2013, définit ce secteur comme «l’intermédiation du crédit qui implique des entités et des activités en dehors du système bancaire traditionnel». Pour estimer sa taille, il se réfère donc notamment aux actifs des institutions autres que les banques, les compagnies d’assurance, les fonds de pension et les banques centrales.
Aux yeux des économistes et statisticiens publiés par le FMI, «le shadow banking est toute l’intermédiation qui n’est pas traditionnelle du point de vue des sources de financement». Autrement dit, les activités de financement des banques qui font appel à d’autres ressources que les dépôts des entreprises non financières et des ménages, peuvent entrer dans la définition du shadow banking. Le FSB ne tient pas compte de ces dettes bancaires que les experts du FMI appellent des «non-core liabilities». Au contraire de ces derniers, il inclut en revanche dans ses calculs les activités des fonds d’investissement autres que les fonds monétaires.
Ces divergences d’approche se reflètent dans les estimations de taille et d’évolution du secteur bancaire. Le FSB estime ainsi à 25.000 milliards de dollars le secteur financier parallèle en zone euro et autant aux Etats-Unis, contre 13.000 milliards et 19.000 milliards respectivement selon les experts du FMI. Contrairement à ces derniers, le FSB estime aussi que le shadow banking a continué à croître dans les deux juridictions au cours des dernières années.
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