Des conditions de crédit détériorées pour les six prochains mois outre-Manche
La CBI a publié son sondage trimestriel dans lequel elle indique que cela prendra un temps « considérable » avant qu’il n’y ait une amélioration
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Alexandre Boksenbaum
Le bout du tunnel n’est pas pour demain. C’est en substance le propos tenu par la Confederationof British Industry (CBI) dans le sondage trimestriel qu’elle vient de publier. Dans son dernier rapport, en s’appuyant sur les prévisions des banques anglaises, l’organisation britannique envisage des conditions dégradées jusqu’à la fin de l’année sur le marché du crédit. Il s’agit là d’une estimation deux fois plus longue que ce qui avait été annoncé il y a trois mois, alors même que le sondage a été réalisé entre le 20 février et le 5 mars, soit avant l’opération Bear Stearns.
De fait, les conditions d’emprunt devraient se détériorer au cours des six mois à venir, avec des coûts du crédit «significativement» très élevés. Cette situation risque donc de dissuader les entreprises d’investir et les consommateurs de dépenser. En outre, cela va plonger l’économie dans une «période prolongée de croissance ralentie». Ainsi, 40 % des entreprises interrogées ont-elles indiqué que cette détérioration du crédit allait freiner leur développement, contre 24%, lors du trimestre précédent.
Le chef économiste de la CBI, Ian McCafferty, a d’ailleurs qualifié la crise actuelle comme étant «très sérieuse», et que cela prendrait un «temps considérable avant de voir la situation s’améliorer». Il a également souligné que si jusqu’ici la crise avait été «contenue», il ne pense pas en effet que l’économie puisse en ressortir indemne.
Du côté des banques la confiance n’est pas non plus de mise, comme le souligne Andrew Gray de PricewaterhouseCoopers, où «le pessimisme perdure». De fait, alors qu’elles représentent entre 5 et 12% du PIB du Royaume-Uni, les sociétés financières envisagent désormais de réduire leurs dépenses à leur niveau le plus bas depuis 15 ans, hors coût marketing. Elles sont également devenues très réticentes à investir dans de nouveaux produits et de nouvelles campagnes pour gagner de nouveaux clients. Un tiers d’entre elles entendent également réduire leurs effectifs au cours des trois prochains mois, soit la perspective la plus noire depuis décembre 2002.
En parallèle et à la suite de plusieurs plaintes déposées par leurs clients, l’association des banques britanniques (BAA) a établi un nouveau code de conduite visant à plus de responsabilité et plus d’équité envers leurs clients. Ce nouveau code devrait également voir les banques apporter leur soutien aux clients connaissant d’importantes difficultés financières.
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