De nouvelles mesures d’assouplissement de la BCE sont attendues à l’automne

La BCE pourrait baisser le taux de refi, sans rendre le taux de la facilité de dépôt négatif, et élargir ses critères de collatéral
Solenn Poullennec

A défaut d’annoncer de nouvelles mesures hier, la Banque centrale européenne devrait passer à l’action dans les prochains mois selon nombre d’économistes. L’institution de Francfort pourrait décider d’une nouvelle baisse des taux, mais aussi assouplir encore les critères d’éligibilité du collatéral accepté à son guichet de refinancement ou relancer une troisième injection de liquidités à long terme (LTRO).

Pour de nombreux analystes, il est presque acquis que la BCE décidera d’abaisser son taux de financement en dessous du niveau de 0,75%, en vigueur depuis le 11 juillet dernier. Les économistes sont plusieurs à souligner que le président de la BCE, Mario Draghi, n’a pas parlé cette fois-ci d’une «reprise graduelle», mais d’une reprise «très graduelle» à moyen terme. «Cette légère révision à la baisse de perspectives macroéconomiques et le fait qu’une baisse des taux a déjà été discutée aujourd’hui ouvre, selon nous, la porte à un nouvel abaissement des taux», assure Carsten Brzeski, chez ING. A ses yeux, ce nouvel assouplissement pourrait être annoncé dès la réunion de septembre prochain, qui sera aussi l’occasion pour la banque centrale de revoir le détail de ses prévisions économiques.

Si la BCE décidait d’un assouplissement sans toucher au «corridor», c’est-à-dire à l’écart entre le taux de la facilité de prêt (1,50%) et celui de la facilité de dépôt (0%), ce dernier deviendrait négatif. Interrogé sur la possibilité de faire payer les banques pour l’argent qu’elles mettent en pension à la BCE, Mario Draghi s’est contenté d’affirmer que la banque «naviguait en territoire inconnu». De quoi faire dire à l’économiste de BNP Paribas, Ken Wattret, que la banque ne pourrait abaisser que le taux de refi en attendant d’y voir plus clair sur les effets du taux zéro.

Mario Draghi a aussi affirmé qu’il y «aura aussi une discussion sur le cadre du collatéral, qui est prévue pour septembre». Pour aider les banques à se refinancer à son guichet, alors que les agences de notation multiplient les dégradations, la BCE a déjà assoupli à deux reprises les critères d’éligibilité du collatéral en décembre 2011 et en juin dernier. Enfin, le président de la BCE a aussi évoqué la possibilité de nouvelles opérations à long terme. Les injections de liquidités à trois ans de décembre 2011 (489 milliards d’euros) et février dernier (530 milliards d’euros) avaient momentanément apaisé les marchés.

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