De nouveaux émetteurs français se lancent sur le placement privé américain
La désintermédiation pour les groupes français passe par… les Etats-Unis. Depuis le début de l’année, sept d’entre eux y ont procédé à des placements privés (USPP). Essilor, Safran, Saft, Faiveley en font partie. Ce financement, majoritairement en dollar, offre des avantages par rapport au marché obligataire européen.
Les USPP sont accessibles aux sociétés non notées, mais solides, et permettent aux entreprises de se financer sur des maturités longues, dans des volumes pouvant être plus faibles que sur le marché obligataire européen, et à un coût moindre. «L'écart de prix par rapport au marché des obligations non notées a été d’environ 100 points de base, en raison notamment de l'évolution du swap de base euro/dollar», souligne Charles-Antoine de Fontenay, directeur debt capital markets chez HSBC. L’accès à ce marché destiné aux fonds de pension et aux assureurs est également plus facile. Contrairement au marché obligataire en euro, il n’est que très rarement fermé. En 2011, il n’a connu que quelques semaines d’inactivité alors que les volumes d'émissions obligataires non notées en euro ont été quasiment nuls de juillet à octobre et en décembre 2011.
Les entreprises cherchant à diversifier leurs sources de financement, ce segment des USPP les attire. En 2012, un volume total de 2,275 milliards de dollars a déjà été placé par sept groupes français. Ils sont à l’origine de 12 % des USPP en 2012. Cette année, la France est ainsi le quatrième acteur le plus actif du marché, derrière les Etats-Unis (31%), le Royaume-Uni (27%) et le Canada (13%). A l’exception de 2003, année durant laquelle huit groupes français avaient émis des USPP, ce marché n’accueille en moyenne qu’un ou deux émetteurs hexagonal chaque année. En 2011 par exemple, une seule société française avait testé ce marché pour 600 millions de dollars.
2012 promet d'être bien supérieure à la moyenne. Une autre opération vient d'être bouclée mais les fonds n’ont pas encore été débloqués. Deux autres grands groupes, Air Liquide et Auchan, ont commencé à solliciter les investisseurs actifs sur le marché des USPP. De plus, «nous estimons que cinq autres opérations françaises au minimum pourraient avoir lieu d’ici la fin de l’année», anticipe Charles-Antoine de Fontenay. De leur côté, Société Générale et Axa se sont associés pour lancer un fonds commun spécialisé dans les placements privés.
Plus d'articles du même thème
-
La cour d'appel ouvre la voie à un nouvel épisode du feuilleton Vivendi-Bolloré
La cour d’appel de Paris, cour de renvoi, a apporté la même réponse que l’Autorité des marchés financiers en novembre 2024 au dossier Vivendi-Bolloré, se bornant à une stricte lecture des textes, sans se prononcer sur les possibles lectures du contrôle de fait ouvertes par la Cour de cassation. -
Les prochains jours seront cruciaux pour la restructuration de Casino
Alors que les positions entre les créanciers et le premier actionnaire, Daniel Kretinsky, sont aux antipodes, le conseil d’administration du distributeur doit présenter un plan en espérant que les banques reverront leurs exigences. -
La coentreprise d'Amundi SBI Funds Management s'introduira en Bourse le 21 juillet
Après une première tentative avortée en 2021, la coentreprise de gestion d'actifs d'Amundi et de State Bank of India va ouvrir 10% de son capital via son introduction en Bourse. -
La faiblesse du yen ne se dément pas
En dépit des rumeurs d’une possible intervention sur les marchés de changes, la devise japonaise reste très faible en lien avec la politique monétaire du Japon et l'écart avec les taux américains. -
BPCE rachète à Arkéa l'agence immobilière en ligne Liberkeys et le développeur Izimmo
Ces deux acquisitions s'inscrivent dans la stratégie du groupe visant à devenir un intermédiaire incontournable dans l'immobilier. -
En quatre ans, HR Path fait l'objet d'un deuxième fonds de continuation chez deux actionnaires successifs
Menée par Ardian, la nouvelle transaction valorise le groupe de conseil RH à près d'un milliard de dollars. L'opération a attiré plus de 30 investisseurs internationaux, emmenés par Eurazeo.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Vie de coupleLe Pen-Bardella : le pari d'un ticket inédit
Pour son lancement de campagne, Marine Le Pen vante le « ticket gagnant » qu’elle forme avec Jordan Bardella pour 2027. Une configuration inédite – et dangereuse ? – sous la Ve République -
EntêtementQuoi qu'il en coûte, l'Iran veut garder la maîtrise du détroit d'Ormuz
Le régime iranien a encore visé des navires empruntant le passage stratégique, quitte à déclencher la fureur de Donald Trump -
Prise de risqueGabriel Attal et Edouard Philippe peuvent-ils survivre à la campagne imposée par Marine Le Pen ?
Une candidature avec un bracelet à la cheville ? La leader du RN a pris son risque et savoure ce qu'elle appelle une « renaissance ». Elle promet de libérer le pays. Autant de mots qui ont fait l'identité politique des macronistes. Mais ont-ils la capacité de réagir ?