«De nombreux intervenants privilégient le haut rendement»
Hervé Boiral, responsable gestion crédit chez Amundi
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Patrick Aussannaire
- L’Agefi : Comment expliquer le sursaut récent du marché du crédit?
- Hervé Boiral: Pour ne pas perpétuer une tradition qui sinon aurait pu s’établir, le marché du crédit a été plutôt clément cet été, quand bien même planait l’ombre d’une hausse des taux. L’amorce d’une amélioration des fondamentaux des pays développés – l’arrêt de la dégradation, diront les plus sceptiques – explique en partie le resserrement observé, alors que les stigmates de la crise en zone euro tendent à s’effacer. A l’inverse, alors que le monde financier ne jurait que par les pays émergents, la correction observée sur ces marchés a mis un frein à cette embellie. Au final, le crédit a poursuivi son chemin, bénéficiant de son positionnement intermédiaire. Mais l’obstacle principal pourrait venir de la hausse des taux. L’intérêt de détenir du crédit alors même que les taux remontent ne peut se justifier que si la détente des spreads compense la hausse des taux. Ce qui plaide pour la détention, soit d’actifs courts, où la hausse des taux sera plus faible, soit d’actifs à haut bêta, à fort potentiel de compression. Ainsi, nombre d’intervenants privilégient le haut rendement, et l’on a vu fleurir la mode des émissions hybrides, qui n’est pas sans rappeler l’engouement pour les tier 1 bancaires.
- Pourquoi une exposition surpondérée sur le crédit ?
- A l’aune de ces considérations, nous continuons à garder un bêta élevé dans nos fonds crédit, en surpondérant principalement le secteur financier, et en restant légers sur le secteur industriel «core», dont les primes nous paraissent tendues. Nonobstant, nous avons participé sélectivement à quelques hybrides dont les primes nous paraissaient intéressantes.
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