« Dans les fonds, une part de CDS nous semble nécessaire »
précise Grégoire Pesquès, responsable de la gestion crédit chez Société Générale AM
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Propos recueillis par Tân Le Quang
L’Agefi : Le rachat de Bear Stearns par JPMorgan suffira-t-il selon vous à ramener le calme sur le marché du crédit ?
Grégoire Pesquès : Une action même aussi symbolique n’est probablement pas suffisante. En revanche, il est très important de noter que ce rachat n’est pas une opération isolée : elle s’inscrit dans le cadre de plusieurs opérations d’envergure visant à diminuer les risques systémiques et accorder un accès à la liquidité aux banques. Rappelons l’opération sur Countrywide par Bank of America et les différentes mesures des banques centrales visant à assurer plus de liquidités. La recapitalisation des rehausseurs américains nous semble encore nécessaire.
Dans le contexte actuel, quelle est votre stratégie d’investissement ?
Les niveaux de marché actuels remettent en cause la définition même de l’investment grade. En effet, si le high yield par nature porte du risque de défaut, l’investment grade se définit traditionnellement comme un risque de déterioration. Les grands cas de défaut ou de détérioration sévères dans ce domaine ont concerné essentiellement des fraudes : Enron, Worldcom, Parmalat, Ahold. Sans écarter la possibilité d’un défaut isolé, nous pensons toujours que l’investment grade conservera son statut et donc que les niveaux actuels sont très attractifs à moyen terme en particulier sur les financières. Nous renforçons progressivement notre exposition sur ce secteur. Cependant, il est important de noter qu’il n’y a plus un mais plusieurs marchés du crédit avec des dynamiques différentes. Le marché des obligations reste en effet peu liquide. En revanche, les dérivés de crédits, notamment les indices iTtraxx, demeurent très liquides. En contrepartie, la volatilité est beaucoup plus forte. Ainsi, la difficulté réside davantage dans la mise en place de la stratégie que dans sa définition. Il s’agit en effet de construire des portefeuilles équilibrés entre obligations et dérivés afin d’assurer un bon niveau de liquidité et de flexibilité. Pour les mandats, la partie investie en obligations sera privilégiée, pour les fonds, une part de CDS nous semble nécessaire.
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