Dans le sillage de la France, Moody’s sanctionne les pare-feux européens
C’est vendredi soir que l’agence Moody’s a officialisé la dégradation de la note de crédit du Mécanisme européen de stabilité (MES) et de celle, provisoire, du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Les notes des pare-feux européens passent ainsi de Aaa à Aa1, avec perspective négative. Une décision anticipée après l’abaissement dans les mêmes proportions de la note souveraine à long terme de la France. «La dégradation de la France reflète la vision de l’agence de notation d’une réduction marginale de la certitude que l'émetteur souverain respectera ses obligations financières», a justifié Moody’s.
Du côté de la direction des deux véhicules, l’incompréhension prédomine. «La décision de Moody’s est difficile à comprendre. Nous ne partageons par l’approche de l’agence qui ne prend pas suffisamment en compte le cadre institutionnel extrêmement solide du MES, ainsi que les engagements politiques et la structure du capital», a regretté dans un communiqué Klaus Regling, directeur exécutif du MES et du FESF. Le MES disposera de 80 milliards d’euros de capital «libéré» d’ici 2014 et de 620 milliards d’euros de capital «appelable». Quant au FESF, les garanties des 17 Etats de la zone euro s'élèvent à 780 milliards d’euros.
Paris figure au deuxième rang des contributeurs des deux entités, garantissant à hauteur de 21,8% les engagements du FESF et fournissant au MES 20,4% du capital pouvant être appelé. Pour le FESF, la décision de Moody’s apporte un peu de clarté. Après la perte du Aaa français, il avait été contraint d’annuler une émission de dette à 3 ans, l’Acte de garantie prévoyant que toute nouvelle émission soit garantie en totalité par des Etats au moins aussi bien notés que lui-même. Le FESF s'était alors rabattu sur une émission à un an, plaçant avec facilité 7 milliards d’euros de dette.
Désormais aligné sur la notation du souverain français, le véhicule devrait pouvoir relancer son offre à long terme. En ce qui concerne le MES, la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter, a jugé sa puissance de feu «suffisante». Dans une interview publiée hier par le journal Österreich, elle a qualifié la décision de Moody’s de «regrettable». «Cette mesure n’empêche en aucune manière le MES ou le FESF d’agir ou d'émettre», a renchéri Klaus Regling.
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