Credit Suisse révise à la baisse ses résultats passés et à venir
Les dépréciations liées aux CDO ont pourtant été inférieures de 200 millions de francs suisses aux prévisions, à 2,86 milliards
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Alexandre Boksenbaum
Un incident « inacceptable » qui ne « correspond pas aux exigences élevées que s’est fixées Credit Suisse ». C’est ainsi que Brady Dougan, PDG de la banque suisse, a qualifié la situation de son groupe à la lecture des résultats de l’enquête interne. Il faut dire que la banque zurichoise vient d'être contrainte de lancer un avertissement sur ses résultats du premier trimestre 2008. Le groupe suisse a en effet annoncé qu’il était « peu probable qu’il soit rentable » au premier trimestre 2008, à cause des conditions de marché « difficiles » au mois de mars, alors qu’il était bénéficiaire jusqu'à fin février.
La vérification concernant la réévaluation des risques liés à son portefeuille de collateralized debt obligations (CDO) a donné lieu à une révision à la baisse de 200 millions de francs suisse (128 millions d’euros) du montant des dépréciations enregistrées par la banque suisse sur ces actifs. Celles-ci se sont finalement élevées à 2,86 milliards de francs, répartis entre le dernier trimestre 2007 pour 1,18 milliard de francs et pour 1,68 milliard au premier trimestre 2008. Ces montants viennent s’ajouter aux 2 milliards de francs déjà inscrits au quatrième trimestre en gestion d’actifs et en banque d’investissement. Par ailleurs, la banque a révélé que son exposition aux CDO s'élevait désormais à 2,4 milliards de francs fin février.
En conséquence, le résultat annuel 2007 a lui aussi été révisé. Il n’est plus que de 7,76 milliards, contre 8,55 milliards lors de la précédente annonce, soit 6 % de moins qu’en 2006.
La mission de réévaluation lancée par Credit Suisse a par ailleurs mis au jour des erreurs de « pricing » résultant « d’irrégularités intentionnelles d’un petit nombre de traders ». Plus grave, l’enquête a confirmé que « les contrôles mis en place pour prévenir ou détecter ces irrégularités n’avaient pas été efficaces ».
Pour tenter de rassurer les investisseurs, la société a décidé de maintenir sa proposition de dividende par action de 2,50 francs. M. Dougan a considéré que de « façon générale » les fonctions de contrôle du groupe étaient « saines », assurant que les défauts ne concernaient que les actifs liés aux CDO. Toutefois, afin qu’une telle déconvenue ne se reproduise plus, le groupe va prendre « des mesures énergiques ». Les acteurs de marché semblent s'être cependant lassés des incidents à répétition du groupe, le titre perdant à l’ouverture 5,5 %, à 48,96 francs.
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