Credit Suisse poursuit ses économies en intégrant Clariden Leu
Cherchant à accroître de 800 millions de francs suisses (644 millions d’euros) la contribution des activités de banque privée à son bénéfice avant impôts d’ici à 2014, Credit Suisse a annoncé hier l’intégration complète de sa filiale Clariden Leu. Le processus devrait être achevé avant la fin de l’année prochaine.
A elle seule, cette mesure devrait permettre à l’établissement helvète d’économiser 200 millions de francs en année pleine. Une grande partie résultera de la suppression de 550 postes, qui touchera tant Credit Suisse que Clariden Leu. La filiale employait 1.770 personnes et gérait 94 milliards de francs d’actifs au 30 juin.
Ces suppressions rentrent dans le cadre du plan de réduction de 3% des effectifs, annoncé par le groupe le 1er novembre dernier. Les fonctions de back-office devraient être les plus touchées. En Amérique du Sud par exemple, Clariden Leu représente le quart des actifs gérés en cross border par le groupe.
Les coûts d’intégration représentent 130 millions de francs sur deux ans – un montant que Credit Suisse estime limité en raison du fait que Clariden Leu partage déjà la plate-forme de systèmes d’information du groupe. Cette somme, répartie sur deux exercices, va porter le total des coûts de mise en œuvre du plan de restructuration à 600 millions en 2011, ainsi qu’en 2012.
La structure actionnariale de Clariden Leu ne changera pas. Issue de la fusion de cinq structures en 2007 (Clariden Bank, Bank Leu, Bank Hofmann, BGP et Credit Suisse Fides), dont certaines remontent au 18e siècle, la banque privée est déjà totalement contrôlée par Credit Suisse. En revanche, son directeur général Olivier Jaquet a quitté ses fonctions et a été remplacé par Hanspeter Kurzmeyer. Hans-Ulrich Meister, directeur des activités de banque privée pour le groupe, assure la présidence du conseil d’administration en lieu et place de Peter Eckert, jusqu’à l’ultime disparition de la marque Clariden Leu.
Dans un tout autre registre, Credit Suisse aurait modifié son mécanisme de rémunération. Selon le site américain Dealbook, qui explique avoir eu accès à un courrier diffusé hier au sein de la banque, le plancher à partir duquel le différé de bonus est appliqué a été relevé à 250.000 francs, contre 50.000 francs l’année précédente. La longueur du différé aurait également été raccourcie d’une année, à trois ans. La somme serait payée en actions.
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