Credit Suisse ouvre la voie au développement des « CoCos »
L’appétit du marché pour les CoCos se matérialise. Après Rabobank en mars 2010 et en janvier 2011, Credit Suisse la semaine dernière a sollicité les investisseurs sur ces obligations convertibles en capital si la solvabilité de la banque se dégrade. Le groupe helvétique a émis 2 milliards de dollars d’obligations qui seront converties en actions si son ratio core Tier one passe sur la barre de 7%. Il ressort actuellement à 12,7%. En procédant à cette opération, Credit Suisse a répondu aux exigences du régulateur suisse qui demande la constitution d’un coussin de sécurité, composé de CoCos, en complément d’un ratio Tier one pur d’au moins 10%.
L’émission a été un succès. Le carnet d’ordres a atteint 22 milliards de dollars et la clientèle institutionnelle a été plus importante qu’attendu. Près de la moitié de l’émission a été servie aux gestionnaires de fonds, 34% à des réseaux de banques privées et 18% à des hedge funds. La banque a donc pu offrir un coupon de 7,875%, en bas de la fourchette indicative. Cette opération «constitue une très bonne nouvelle pour ce nouveau marché d’obligations à conversion obligatoire (CoCo) et semble indiquer que les grandes banques cotées pourront aisément émettre ce type de titres», indiquent les analystes de Tullett Prebon. «Nous devrions voir plus de banques réfléchir très attentivement à ce type d’obligations dans un futur proche», ajoutent les stratégistes crédit de Société Générale.
De nombreux analystes voient dans cette émission une étape importante dans le développement du marché des CoCos en Europe. Ce marché pourrait représenter 500 milliards d’euros, voire 700 milliards d’euros d’ici à 2018, assure Barclays Capital. Ce dernier estime que les établissements bancaires devront émettre des CoCos pour qu’elles atteignent 50% des fonds propres durs. De fait, afin d’attirer les investisseurs, la classe d’actifs doit être suffisamment importante. Par ailleurs, les banques doivent disposer d’un montant significatif de CoCos pour qu’en cas de difficultés, leur conversion en action ait un réel effet sur la structure de la banque.
«L’intérêt des émetteurs pour ces instruments est grandissant, mais, pour l’heure, la régulation est moins claire dans de nombreux pays d’Europe qu’en Suisse sur ces outils, rappelle cependant Andy Young, responsable de la syndication pour les institutions financières chez Credit Suisse. C’est une question de temps».
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