Credit Suisse doit encore convaincre de la justesse de sa stratégie
Un rebond en trompe-l’œil. Credit Suisse a réalisé un bénéfice net de 1,3 milliard de francs au premier trimestre 2013 (1,05 milliard d’euros), contre seulement 44 millions un an plus tôt. Cette bonne tenue – le consensus d’analystes recueilli par Reuters anticipait 1,26 milliard – est liée à une forte baisse des charges. Brady Dougan, le directeur général, a indiqué hier que les réductions de coûts atteignaient déjà 2,5 milliards d’économies, sur les 4,4 milliards prévus à l’horizon 2015.
Les frais ont notamment été réduits de 13% au cours du trimestre (à 2,65 milliards) au sein des activités de banque d’investissement: les crises successives qu’a connues le secteur et la pression des actionnaires ont en effet conduit les dirigeants à réduire les rémunérations. Mais – ce qui n’est pas bon signe – le groupe précise que «la baisse a été partiellement neutralisée par la hausse des autres charges d’exploitation, due principalement à l’accroissement des provisions pour litiges». Au quatrième trimestre 2012, Credit Suisse avait déjà accepté de verser au moins 400 millions de dollars pour mettre un terme aux plaintes engagées par des investisseurs américains.
Dans un contexte de marché encore incertain, la banque d’investissement est toutefois parvenue à maintenir son produit net bancaire (PNB) à 3,95 milliards. Les légères progressions des revenus issus du négoce sur les taux (+3% à près de 2 milliards de francs) et des activités de conseil (+3% à 763 millions) ont compensé la chute de 5% enregistrée dans le trading sur le marché actions (à près de 1,3 milliard).
Mais le principal effet bénéfique sur le résultat net est purement comptable: la mise en valeur de marché de la propre dette de Credit Suisse a conduit la banque à passer des charges minimes (68 millions de francs), alors qu’il y a un an, ces charges représentaient 1,5 milliard de francs.
Plus inquiétant, la gestion de fortune – l’autre pilier du groupe helvète censé compenser la volatilité des activités de banque d’investissement – a souffert aussi au premier trimestre, pénalisée par l’environnement de taux bas. Malgré une collecte nette importante (12 milliards de francs essentiellement venus d’Asie), son PNB a reculé de 5% (à 3,3 milliards) et son bénéfice avant impôt de 7% (à 881 millions).
Plus d'articles du même thème
-
La faiblesse du yen tourne au casse-tête pour le Japon
La devise nippone est au plus bas depuis 40 ans, malgré des interventions massives. La Banque du Japon ne semble pas en mesure d’y remédier de façon crédible. Les écarts de taux encouragent toujours plus les stratégies de portage sur les marchés mondiaux, avec les risques qu'un débouclage soudain comporterait. -
Soitec prévoit une croissance de plus de 30% des revenus au deuxième trimestre
Soitec a publié de manière anticipée un chiffre d'affaires trimestriel en forte hausse, tiré par l'explosion de la demande en IA et son activité Photonics-SOI. Les perspectives restent solides. -
Les régulateurs français et néerlandais dévoilent des propositions pour parvenir à la supervision centralisée
Dans le cadre du paquet de mesures dévoilées par la Commission européenne en décembre dernier, la surveillance centralisée est au cœur des débats. Pour réussir cette transformation, l’AMF et son homologue néerlandais (AFM) ont publié cinq recommandations. -
Alstom anticipe une accélération de sa dynamique commerciale
Alstom confirme ses objectifs annuels et anticipe une accélération de sa dynamique commerciale, malgré un repli des prises de commandes au premier trimestre. -
Ipsos abaisse ses prévisions de ventes en 2026
Malgré un rebond au deuxième trimestre, Ipsos révise à la baisse sa prévision de croissance organique pour 2026 autour de 2 %, tout en maintenant son objectif de marge opérationnelle. -
Dassault Aviation maintient son plan de vol pour 2026
Dassault Aviation confirme ses objectifs annuels après un premier semestre marqué par une forte hausse de son chiffre d'affaires.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
Contenu de nos partenaires
-
Ramer à contre-courantBudget 2027 : un effort de 35 milliards d'euros
En 2027, les dépenses publiques bondiraient de près de 60 milliards si rien n'est fait. Le gouvernement prépare pour 2027 un redressement ambitieux -
FeuilletonMonique Barbut, la bombe qui n’en finit pas d'embarrasser Lecornu
Le chef du gouvernement doit désormais composer avec une ministre imprévisible qui a menacé de démissionner à au moins trois reprises en neuf mois. Une répétition qui a démonétisé l’arme de négociation favorite de Monique Barbut -
ArbitragesBudget : grands dilemmes et petits comptes de Jean-Pierre Farandou
A la tête du poste qui doit le plus contribuer à l'effort budgétaire, le ministre du Travail tente d’éviter une nouvelle ponction de l’Unédic et réfléchit à des coups de rabot