Coup de force au Parlement européen à propos de la transparence fiscale
Les chefs des groupes politiques au Parlement européen fixeront aujourd’hui la date du débat parlementaire sur la transparence qu’il convient d’accorder aux revenus et aux impôts payés par les sociétés cotées dans chacun des pays où ils exercent leurs activités. Les députés de la Commission des affaires juridiques du Parlement européen avaient voté en mai en faveur de ce «reporting pays par pays».
Mais sous la pression des chrétiens-démocrates et des libéraux, le mandat de négociation donné à Sergio Cofferati, rapporteur social-démocrate de la directive sur les droits des actionnaires, devra désormais recevoir l’aval de l’assemblée plénière avant qu’il ne puisse engager des discussions avec les représentants des ministres des Finances des Vingt-Huit.
Début mai, une coalition inattendue s'était constituée en commission des affaires juridiques du Parlement entre sociaux-démocrates, écologistes et quelques députés libéraux et du centre-droit pour relever les ambitions de cette directive. Au terme du vote, le mandat de négociation comprenait la «transparence pays par pays» pour les bénéfices et l’impôt sur les sociétés des entreprises cotées ainsi que sur les tax rulings. Il incluait aussi un système d’approbation par l’assemblée générale des actionnaires des rémunérations des dirigeants et administrateurs, ainsi que des règles draconiennes de publication des politiques d’investissement des investisseurs institutionnels et gestionnaires de fonds détenteurs de portefeuilles d’actions. Cette perspective avait fait réagir à la fois les sociétés cotées et le lobby des administrateurs qui s’inquiétait de ce pouvoir donné aux actionnaires et de la publicité sur les rémunérations.
Mais la loi de la grande coalition entre chrétiens-démocrates et socialistes, qui a porté le président de la Commission Jean-Claude Juncker au pouvoir, a finalement prévalu. Suite à un recours des libéraux, opposés à la transparence sur les rémunérations, et de la droite, prudente sur celle des rulings et du reporting pays par pays, la conférence des présidents a décidé de soumettre ce mandat de négociation à l’approbation de la plénière.
Une réunion prévue ce matin décidera si le vote aura lieu mercredi prochain ou début juillet. Personne au Parlement ne se risquait à faire un pronostic sur l’issue du vote. Quoi qu’il en soit, il ne marquera que le début de la négociation avec les ministres des Finances soumis à la pression des patronats hostiles à cette opération transparence.
Plus d'articles du même thème
-
Les ventes de détail ont rebondi en mars au Royaume-Uni
Les achats anticipés de carburants avant la hausse des prix liée au conflit au Moyen-Orient ont soutenu ce rebond, également porté par les ventes de vêtements. Mais cette embellie n’est peut-être pas durable. -
Electrolux opte pour un appel massif au marché
La faiblesse du marché nord-américain pèse lourdement sur les comptes du groupe suédois d’électroménager. En perte opérationnelle au premier trimestre, il lance une augmentation de capital importante et compte se redresser en signant un partenariat en Amérique du Nord avec le chinois Midea. -
Eni affiche des performances trimestrielles en demi-teinte
Le recul des résultats du groupe italien d’hydrocarbures est contrebalancé par la forte augmentation de son programme de rachats d’actions. -
Les fonds obligations internationales à la loupe #163
Les fonds obligataires internationaux avec une approche flexible tirent leur épingle du jeu dans un environnement chahuté. -
La Cour des comptes sonne la charge contre les niches fiscales qui minent la lisibilité de l’impôt
Toujours plus coûteuses et de moins en moins lisibles, les niches fiscales s’imposent comme un angle mort des finances publiques. La Cour des comptes pointe dans un nouveau rapport des failles persistantes dans leur suivi et appelle à enrayer leur progression. -
Disparition de Juan Alcaraz, fondateur d’Allfunds
L'ex-directeur général de la plateforme de distribution de fonds espagnole est décédé à l'âge de 56 ans.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Vincent Cornet quitte le directoire de LBP AM
- Marie Dauvergne (BNPP AM) : « La gestion solidaire est de l'investissement, pas de la philanthropie »
Contenu de nos partenaires
-
Pour Macron, le SCAF, projet d’avion de combat franco-allemand, n’est « pas du tout » mort
Le projet a du mal à voir le jour, en raison de désaccords persistants entre les industriels (Airbus et Dassault Aviation). Les médiateurs chargés de sauver le programme ont demandé des jours supplémentaires pour rendre leurs conclusions -
Tribune libre« Trump ou Lecornu, présider ou manager ? »
« Un homme politique n’est pas seulement une personne : c’est aussi un masque. Et un masque ne se comprend jamais seul. » A partir de la lecture de Claude Lévi-Strauss, le philosophe et professeur de marketing à l'ESCP, Benoît Heilbrunn, dresse un parallèle entre les méthodes employées par le président américain et le Premier ministre français. Disons qu'elles ne sont pas tout à fait les mêmes... -
Seine colèreEmmanuel Gregoire met les propriétaires sous surveillance avec une « brigade du logement »
Multiplication des logements sociaux, surtaxation des résidences secondaires, encadrement drastique des meublés touristiques : la politique à gauche toute du nouveau maire de Paris vire à l'obsession