Continental relance un segment high yield qui devrait battre des records en 2010
Pas une émission de titres à haut rendement n’avait été effectuée par une entreprise depuis un mois. Certes Renault avait émis fin août redonnant des couleurs à la dette non financière, mais c’était à travers sa filiale RCI banque. Mieux notée que le constructeur automobile lui-même, cette dernière avait réalisé un placement de 500 millions d’euros sur le segment investment grade. Continental est donc le premier émetteur corporate à se lancer sur le high yield après la pause estivale emboîtant le pas à la financière UPC holding qui a placé fin août.
L'équipementier automobile allemand a émis, jeudi dernier, pour un milliard d’euros d’obligations à sept ans notées B/B1, offrant un coupon de 7,5%. Prévu au départ à 750 millions, le montant de l’opération a été allongé face à la forte demande. Grâce à une réduction de son CDS ainsi qu’à une hausse de ses obligations à cinq ans émises en juillet, Continental a pu émettre ses nouveaux titres à un coupon inférieur à celui de 8,5% consenti quelques semaines plus tôt. «Nous allons utiliser le produit net (de cette opération) de la même manière que celui de la première émission obligataire réalisée en juillet, à savoir le remboursement partiel de nos emprunts bancaires», a précisé à Reuters le directeur financier de Continental, Wolfgang Schäfer. Une dette en partie liée au rachat il y a trois ans de la filiale de Siemens, VDO. Une bonne opération pour l’équipementier qui a aussi émis un milliard d’euros sur le marché américain (segment 144 A).
Continental engage ainsi une fin d’année qui devrait être soutenue sur le high yield. Les émissions d’obligations spéculatives européennes devraient dépasser en 2010 leur niveau de 2009, déjà record. 31,8 milliards d’euros de titres en Europe ont déjà été émis depuis janvier, contre 38 milliards sur l’ensemble de 2009 (voir le classement des teneurs de high yield dans L’Agefi Hebdo à paraitre le 9 septembre). Pour Fitch, les émissions pourrraient atteindre 50 milliards d’euros sur l’année.
S&P souligne par ailleurs que de plus en plus de sociétés notées «B» émettent, alors que c'était davantage les «BB» avant 2009. En comparaison, les levées de dette investment grade sont bien moins importantes cette année. Elles ont ainsi enregistré une activité de 132 milliards d’euros en huit mois, contre un record de 453 milliards en 2009.
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