CME s’attaque au duopole Nyse Euronext - Deutsche Börse sur les dérivés européens
Le Chicago Mercantile Exchange (CME) réaffirme ses ambitions en Europe. Après avoir tenté, en vain, de racheter au printemps dernier le London Mercantile Exchange (LME), finalement tombé entre les mains de la Bourse de Hong Kong, le premier marché à terme mondial va lancer une Bourse des dérivés en Europe. Implantée à Londres, celle-ci devrait être opérationnelle mi-2013. Le groupe américain prévoit de déposer une demande d’agrément auprès des autorités boursières britanniques dans les prochaines semaines. Les échanges seront réalisés via CME Globex tandis que CME Clearing Europe s’occupera de la compensation.
Si la montée en puissance de cette nouvelle plate-forme prendra plusieurs mois, le CME souhaitant se contenter des dérivés sur devises dans un premier temps, les projets de la Bourse de Chicago constituent une nouvelle menace pour Nyse-Euronext et Deutsche Börse, qui se partagent à eux deux environ 90% du marché européen des dérivés avec leurs filiales Liffe et Eurex. Certains clients traditionnels du CME pourraient en effet profiter de l’arrivée de ce nouvel acteur pour changer de prestataire. La direction du CME indique réfléchir à ce projet depuis deux ans et explique que les travaux réalisés au moment de la tentative de rachat du LME l’ont incité à franchir le pas.
Le CME souhaite également profiter d’un environnement réglementaire favorable pour se lancer en Europe. La position dominante de Nyse-Euronext et de Deutsche Börse sur le marché européen des dérivés avait poussé la Commission européenne à s’opposer, début février 2012, à la fusion entre les deux plates-formes. Cette décision avait suscité quelques interrogations en Europe. Certains députés européens s’étonnaient notamment d’un tel veto alors que le CME contrôle lui-même 90% du marché des dérivés aux Etats-Unis. La Bourse de Chicago avait pour sa part ouvertement milité contre la fusion entre Nyse-Euronext et Deutsche Börse.
Les ambitions affirmées de la Bourse de Chicago ne devraient pas manquer de relancer le débat sur la concentration du marché mondial des dérivés entre quelques acteurs. Celle-ci fait en effet peser des risques systémiques en cas de défaillance ou de défaut d’un des principaux acteurs. Estimé à plus de 700.000 milliards de dollars, ce marché est nettement plus large que celui des actions.
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