Chypre veut en finir avec le contrôle des capitaux début 2014
Le gouvernement chypriote espère lever dès le début de l’année prochaine le contrôle des capitaux qu’il a imposé au printemps. La situation du pays, qui a bénéficié d’un plan de sauvetage de 10 milliards d’euros, reste cependant très préoccupante.
«Les contrôles des capitaux sont en train d’être levés, ils vont prendre fin d’ici à janvier 2014», a déclaré le président de Chypre, Nicos Anastasiades, dans un entretien à Bloomberg hier matin. Son ministre des finances, Haris Georgiades, se montre plus prudent. Interrogé par le Financial Times, il évoque la fin des limitations «dans les premiers mois de 2014». Les contrôles de capitaux ont été imposés en mars dernier afin d'éviter une fuite des dépôts massive après la restructuration précipitée du secteur bancaire chypriote. Pour mettre en place des plans de résolution et recapitaliser les établissements financiers, victimes de leur exposition à la Grèce, les autorités chypriotes ont créé un précédent en mettant à contribution les gros déposants (détenteurs de plus de 100.000 euros), en plus des actionnaires et des porteurs obligataires.
«L’assouplissement des mesures administratives, bien que nécessaire pour éviter la paralysie économique, a permis une fuite de dépôts constante», déplore le Fonds monétaire international (FMI) dans un rapport publié hier. Ainsi, entre fin mars et fin août, les retraits ont atteint près de 8 milliards d’euros, soit 12,6% de la base des dépôts (exception faite de ceux qui ont été reconvertis en capital dans le cadre de la restructuration des banques Laiki et Bank of Cyprus). Pas moins de 60% de ces retraits concernent les non-résidents.
Le FMI souligne aussi que la qualité des actifs bancaires s’est détériorée. Les prêts défaillants ont presque atteint 30% des prêts à la fin de mars dernier, soit le niveau de provision prévu pour y faire face par les banques. «La profitabilité des banques va être significativement touchée à l’avenir», prévient l’institution internationale, qui pointe également du doigt la baisse des crédits accordés à l’économie réelle. Même si le bailleur de fonds estime que le pays a fait des efforts considérables pour respecter les conditions de son programme de sauvetage, il souligne que «l’impact de la crise bancaire pourrait être plus important que prévu» et que «des problèmes pourraient de nouveau émerger dans le secteur».
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