Chypre se résout à demander le soutien de l’Europe
A cinq jours d’une échéance cruciale pour son secteur bancaire, le gouvernement chypriote s’est résigné à demander le soutien de l’Union européenne. «Le montant équivaudra à la somme nécessaire pour couvrir le recapitalisation et les obligations budgétaires. Il sera défini après une évaluation précise au cours de semaines à venir», a indiqué le ministre des Finances Vassos Shiarly.
La recapitalisation de Cyprus Popular Bank, le deuxième établissement financier du pays, nécessite de réunir d’ici à samedi 1,8 milliard d’euros afin de répondre aux exigences de l’Autorité bancaire européenne. La bouffée d’oxygène devrait être fournie via le Fonds européen de stabilité financière (FESF) ou le futur Mécanisme européen de stabilité (MES).
Si les déficits en fonds propres actuels résultent de lourdes dépréciations sur les portefeuilles de dette souveraine grecque, ce risque souverain a considérablement fondu. Il ne représente plus que 640 millions d’euros dans les bilans des établissements. En revanche, les portefeuilles de prêts liés à la Grèce totalisent 21 milliards d’euros, soit 120% du PIB, représentant un risque plus aigu, selon Deutsche Bank. D’après Michael Sarris, président de Cyprus Popular Bank, les banques domestiques demanderont jusqu'à 6 milliards d’euros sur deux ans.
Chypre, qui doit prendre la présidence tournante de l’Union européenne le 1er juillet, tente de préserver ses intérêts tout en veillant à ne pas froisser les susceptibilités européennes. Le gouvernement semble réticent à un plan d’aide global, qui s’accompagnerait de mesures d’ajustement correspondantes. L’Eurogroupe, par la voix de son président Jean-Claude Juncker, a indiqué qu’il examinerait «rapidement» la demande de Chypre. Des représentants de l’Union européenne «négocieront les conditionnalités politiques nécessaires qui devront accompagner l’assistance financière», a-t-il prévenu.
Du côté de Nicosie, on craint que cette négociation puisse mettre à mal certaines particularités, dont un impôt sur les sociétés avantageux. Un contexte qui a largement favorisé au cours des dernières années l’investissement offshore, surtout en provenance de Russie. Cette situation explique le fait que Chypre se soit également tourné vers Moscou pour un prêt bilatéral. La Russie a déjà octroyé en 2011 un prêt de 2,5 milliards d’euros. Présidé par le communiste Demetris Christofias, le pays serait aussi en discussions avec la Chine en vue d’un éventuel soutien.
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