Changement d’air financier au Congrès

Philippe Mudry

Du strict point de vue de l’industrie financière, et des conditions de concurrence qui la gouverneront dans les grandes régions du monde, les résultats des «mid-term elections» n’ont rien pour réjouir de ce côté-ci de l’Atlantique. C’est une majorité très clairement antirégulatrice qui s’installe à la Chambre des représentants, bien plus réceptive aux arguments des avocats d’une application aussi souple que possible de la loi Dodd-Frank et d’un arrêt du durcissement de la législation pour les acteurs de la finance. Les grands de Wall Street peuvent sûrement se réjouir qu’un Congrès plus conciliant se mette en place, ce n’est pas forcément le cas de leurs concurrents européens. Quant aux gouvernements, qui travaillent à une approche coordonnée dans le cadre du G20, il leur sera sans doute plus difficile de travailler avec Washington. Le sort réservé à Tim Geithner, le secrétaire au Trésor, sera notamment regardé à l’étranger avec attention. Apprécié des partenaires des Etats-Unis pour sa modération, notamment à l’égard de la Chine, et son attitude constructive au sein du G20, il est tenu en Europe pour le plus ferme garant de la volonté américaine de voir converger les régulations financières européenne et américaine. Si Barack Obama devait le remercier dans le cadre d’un remaniement, ses partenaires européens seraient en droit de douter encore plus qu’auparavant de la crédibilité de ses engagements internationaux, même les plus solennels.

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