CGG joue son avenir devant ses actionnaires
L’heure de vérité approche pour le groupe parapétrolier CGG et pour ses 5.500 salariés. L’ancienne Compagnie Générale de Géophysique doit faire approuver mardi matin par ses actionnaires l’une des plus grandes restructurations financières de ces dernières années en France. L’enjeu de cette assemblée générale ? Effacer plus de la moitié de la dette du groupe, qui culmine à 2,7 milliards d’euros, et réaliser des augmentations de capital massives. C’est une question de survie pour CGG, qui a pris de plein fouet la chute des investissements du secteur pétrolier : entre 2014 et 2016, son chiffre d’affaires a plongé de 45%.
La banque publique Bpifrance, qui détient 9% du capital, a certes fini par apporter son soutien au plan de restructuration. Les agences américaines de conseil aux investisseurs y sont également favorables. La pilule s’annonce toutefois amère pour les actionnaires actuels. Ils détiendraient, dans le pire des cas, seulement 2% du capital à l’issue de la restructuration. Le groupe passera sous la coupe de ses principaux créanciers, des hedge funds anglo-saxons. La plupart de ces fonds spécialistes des entreprises en difficulté ont racheté la dette de CGG à prix cassé pour mieux prendre le contrôle de la société. Après le dossier Solocal, c’est une nouvelle illustration du poids de plus en plus marginal réservé aux actionnaires en France lors des grandes restructurations de dette.
Pour cette raison, le plan n’est pas encore sûr d’obtenir le feu vert des actionnaires à la majorité des deux tiers, ni même d’ailleurs de réunir un quorum suffisant pour que le vote ait bien lieu demain. Mais en cas de rejet, CGG pourrait alors tomber en redressement judiciaire.
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