Carmignac Gestion reprend le chemin de la croissance
Carmignac repart dans le sens de la marche. Après une année 2011 qui avait vu la société de gestion digérer sa croissance exponentielle en enregistrant près de 7 milliards d’euros de retraits, la collecte nette est de nouveau en hausse en 2012. Le groupe a attiré 4,2 milliards de capitaux nets l’an dernier, dont 2 milliards au second semestre, en grande partie sur ses fonds diversifiés ou ses fonds actions émergentes.
Tombés à 45 milliards fin 2011, les encours gérés sont remontés pour leur part à 53,7 milliards fin décembre 2012 en incluant l’effet marché. «L’actif moyen géré est en progression de 3% sur 2012», précise Eric Le Coz, directeur général adjoint de Carmignac Gestion, qui s’attend également à une croissance du résultat net par rapport aux 282 millions d’euros de 2011.
Pour 2013, la société de gestion a plusieurs fers au feu. L’international, tout d’abord, qui représente déjà plus des trois quarts de ses encours. A Londres, où Carmignac s’est implanté en avril 2012, le démarrage a été plus lent que prévu mais l’équipe est enfin complète. En Suisse, l’ouverture d’un bureau à Zurich est programmée cette année. Au Luxembourg, le groupe a annoncé le 18 janvier qu’il demanderait le statut de société de gestion, le statut autogéré de sa Sicav luxembourgeoise, Carmignac Portfolio, étant aujourd’hui mal compris hors des frontières du Grand-Duché. Ce changement, espéré d’ici à fin juin, facilitera la commercialisation des fonds et le recrutement d’équipes pour les succursales de l’entité luxembourgeoise, en Allemagne, à Londres ou à Singapour. Enfin, le groupe lorgne toujours l’Asie et l’Amérique latine.
«Nous allons nous diriger de manière un peu plus active vers la clientèle institutionnelle, qui représente moins de 10% de nos encours et ne nous connaît pas encore bien hors de France. A terme, doubler cette part serait un bon objectif», ajoute Eric Le Coz.
Sur ses autres canaux –conseillers indépendants, réseaux de banques et d’assureurs, banques privées–, le groupe surveille de près les projets de réforme des rétrocessions de commissions, notamment la directive MIF2. «Il y a un gros lobbying des banques pour limiter aux conseillers indépendants l’interdiction des rétrocessions, explique Eric Le Coz. Nous y sommes opposés, car cela pourrait encourager les réseaux salariés à se replier sur les produits fournis par le gestionnaire maison.»
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