Le groupe dirigé par David Rubenstein pourrait dédommager les investisseurs dans Carlyle Capital
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Thierry Arnaud, à New York
Sauver Carlyle Capital n’en vaut pas la peine. Voilà la conclusion sans équivoque à laquelle sont parvenus les dirigeants du groupe Carlyle, après que le fonds qui porte leur nom - et dont eux-mêmes détiennent 15% - est apparu incapable de faire face à 400 millions de dollars d’appel de marge réclamés par son pool bancaire (une douzaine d’établissements dont Citigroup, Merrill Lynch, Deutsche Bank, JP Morgan Chase ou Bear Stearns). David Rubenstein, co-fondateur du groupe Carlyle, s’est montré ouvert au principe d’une forme de dédommagement des investisseurs dans Carlyle Capital, mais n’a souhaité en dévoiler ni le montant ni les modalités. Les actionnaires de Carlyle Capital ont adopté hier à l’unanimité la liquidation totale du fonds selon la loi en vigueur à Guernesey, où il est domicilié.
Du point de vue de Carlyle, le net durcissement des banques est compréhensible compte tenu des circonstances présentes, mais « nous avons gagné beaucoup d’argent avec et pour elles, et ce n’est qu’un accroc dans une relation de vingt ans, » a souligné David Rubenstein. Il relève que les banques ont été d’autant plus promptes à saisir les actifs de Carlyle Capital que la Fed, en annonçant le 11 mars qu’elle était prête à injecter jusqu’à 200 milliards de dollars de liquidités sur le marché, s’est dite prête à accepter en garantie les titres obligataires adossés à des crédits immobiliers (« mortgage backed securities »). C’est précisément dans ces titres que Carlyle Capital avait massivement investi en s’endettant, selon diverses estimations, à hauteur de vingt-quatre à trente-deux fois ses fonds propres.
En milieu de semaine dernière, les dirigeants du groupe Carlyle se sont retrouvés face à une alternative : renflouer le fonds auxquels ils étaient associés – le montant envisagé aurait été de 700 millions de dollars ; ou bien accepter que les banques saisissent ses actifs. C’est donc la seconde option qui a été retenue. Il n’est pas possible pour le moment d’évaluer les pertes que cette décision entraîne pour Carlyle Capital. Les deux structures étant séparées, l’impact pour Carlyle Group concernera davantage sa réputation que ses comptes, a reconnu David Rubenstein. Comme dans le cas de Bear Stearns, il soulève également la crainte d’une contagion. KKR Financial Holdings, un fonds émanant de Kohlberg Kravis Kohlberg & Co, a ainsi tenu une conférence téléphonique pour dissiper toute inquiétude sur sa santé financière.
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