CalPers entame la réforme de sa politique d’investissement en sortant des hedge funds
Douze ans après son incursion dans la gestion alternative, CalPers tourne la page. Le premier fonds de pension américain a annoncé lundi sa sortie de cette classe d’actifs, officiellement en raison de sa «complexité» et de son «coût», plus certainement à cause de ses performances insuffisantes. CalPers se donne environ un an pour céder ses 4 milliards de dollars (3,1 milliards d’euros) investis dans 24 hedge funds et 6 fonds de hedge funds.
L’ensemble ne pèse plus que 1,3% de ses 300 milliards de dollars d’actifs à fin juin mais la décision n’est pas anodine, sachant que le fonds de pension des fonctionnaires californiens est souvent considéré comme un prescripteur de tendances. Sa décision est une mauvaise nouvelle pour ses gestionnaires alternatifs américains tels Carlyle ou Brookside Capital (affilié à Bain Capital), mais aussi européens comme BlueCrest ou O’Connor (contrôlé par UBS).
Le désinvestissement de Calpers s’inscrit dans une politique plus large de rotation des actifs, initiée à l’automne 2013 avec l’adoption d’une nouvelle charte et officialisée en février dernier par une nouvelle grille d’allocation d’actifs. Son but: réduire les risques et atteindre un rendement annuel de 7,5%. Le portefeuille de gestion alternative du fonds de pension a seulement rapporté 7,1% au cours de l’exercice 2013-2014 clos fin juin, contre 18,4% pour son portefeuille total tiré par la hausse des marchés actions et l’immobilier. Sur les dix dernières années, la gestion alternative de l’institutionnel affiche un rendement moyen de 4,8% par an, loin des 7,2% de l’ensemble de son portefeuille.
D’autres classes d’actifs pourraient pâtir des nouvelles orientations de CalPers, mises en œuvre par un responsable par intérim des investissements après le décès du précédent titulaire, en début d’année. Le Wall Street Journal annonçait le mois dernier une sortie des matières premières (2,4 milliards de dollars d’actifs), voire de certains produits actions.
Le fonds de pension n’a pas dit comment il réallouera l’argent retiré des hedge funds, mais le capital-investissement pourrait en tirer profit. Il représente seulement 10,7% de ses actifs sur un objectif de 14%. De même, les infrastructures et forêts pèsent 1,3% sur les 2% attendus, mais le fonds de pension a déjà annoncé en août 1 milliard de dollars d’engagements dans trois projets d’infrastructures avec UBS et Morgan Stanley.
Plus d'articles du même thème
-
Les actifs financiers saluent les résultats des «midterms»
La large victoire démocrate tend à diminuer les risques d’un conflit trop long en Iran, donc de cours du pétrole durablement élevés, avec les conséquences positives que cela pourrait avoir sur les taux, et par ricochet sur les actions. Les risques de persistance du déficit budgétaire américain sont occultés. Pas les possibles rééquilibrages sectoriels. -
Le coût de financement obligataire s’envole pour Meta
La maison mère de Facebook a placé 15 milliards de dollars et 9 milliards d’euros d’obligations au cours des deux derniers jours. La demande a été importante grâce à des concessions élevées sur le coût du financement, notamment pour la transaction inaugurale en euro. -
Les PMI chinois sont en repli en octobre
Contrairement aux attentes, l’indice PMI RatingDog de la Chine pour les services recule, un phénomène nouveau qui suggère que l’activité n’est pas aussi dynamique qu’elle semblait l’être. -
Les quatre jours qui ont fait changer d'ère la cyber fraude
A quelques jours d'intervalle, deux casses ont affecté un pur acteur de la crypto, Binance, et une banque traditionnelle, le Crédit Mutuel Arkéa. Deux affaires différentes mais riches de leçons pour le secteur financier, confronté à une menace qui a changé d'échelle et de nature. -
L’OCDE presse les Etats de miser davantage sur la retraite par capitalisation
Les actifs de retraite de la zone OCDE ont atteint 78.000 milliards de dollars fin 2025, selon l’organisation, qui constate un déficit de cotisations dans la quasi-totalité de ses pays membres. -
La croissance française devrait être encore revue à la baisse
Le gouverneur de la Banque de France a évoqué une légère révision à la baisse des prévisions de croissance alors qu’elles ont déjà été réduites à 0,4% pour 2026. L’ombre d’une récession plane alors que le gouvernement s'use dans les débats sur le budget 2027.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Dette immobilière, le plus difficile reste à venir
- Amundi sort un trimestre solide mais sans records
- L'AMF demande aux fonds monétaires de relever leurs tampons de liquidité
- La Turquie coupe des têtes après le scandale dans son industrie des fonds
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
Contenu de nos partenaires
-
Malgré la débâcle de Donald Trump, le risque de guerre avec l'Iran toujours au plus haut
Les dirigeants iraniens jubilent face aux résultats des élections de mi-mandat, mais rien ne garantit que Donald Trump ne lancera pas une nouvelle offensive contre la République islamique -
TsunamiDonald Trump battu : ce qui attend l'Europe
Avec le contrôle de la Chambre et du Sénat, les démocrates auront des leviers pour canaliser la politique étrangère de Donald Trump. Mais ce contre-pouvoir ne changera ni son désir de conclure un deal en Ukraine, ni son hostilité envers le Vieux Continent -
Déroute de TrumpMidterms : le temps d’une nuit, centristes et socialistes du parti démocrate ont fait front commun
Les jeunes des Democratic Socialists of America trinquent à la victoire des démocrates à travers le pays. Y compris ceux qu’ils accusaient hier d’être « trop mous » face à Donald Trump et trop modérés. Mais la fête finie, la bataille pour le parti commence