Bruxelles veut soutenir les titrisations de haute qualité
La Commission européenne fait de la relance du marché de la titrisation un axe majeur de sa politique. Dans le cadre de son projet d’Union des marchés de capitaux, l’institution a lancé une consultation à la mi-février afin de déterminer le meilleur moyen de soutenir les titrisations de «haute qualité».
«Le développement d’un marché de la titrisation de haute qualité constitue un élément essentiel de l’Union des marchés de capitaux et contribue à l’objectif prioritaire de la Commission d’accompagner le retour d’une croissance durable et la création d’emplois», peut-on lire dans la consultation ouverte jusqu’à la fin du mois de mai. Celle-ci s’inscrit dans la lignée des travaux des régulateurs et institutions (Comité de Bâle, Iosco, Banque centrale européenne et Banque d’Angleterre) qui se sont multipliés l’année dernière pour redorer le blason de la titrisation.
La Commission dit réfléchir à élaborer «un cadre» pour la titrisation pour favoriser «le développement et une meilleure différenciation d’une titrisation, transparente, simple et standardisée». Si, dans sa consultation d’une vingtaine de pages, elle insiste sur la protection des investisseurs et la prévention du risque systémique, l’institution dit vouloir faire de la titrisation un outil de financement efficace de l’économie et souhaite faciliter les transferts de risques vers les investisseurs institutionnels ou les banques. Autant d’objectifs qui devraient être bien accueillis par les professionnels du marché qui ne cessent de dénoncer une régulation encore trop contraignante malgré les assouplissements concédés par les régulateurs.
Interrogeant sur les critères d’identification des titrisations de bonne qualité, la Commission souhaite recueillir l’avis des professionnels sur le traitement prudentiel qui pourrait être appliqué à ces instruments. Alors que les assureurs déplorent souvent d’être trop pénalisés en cas d’investissement dans les tranches juniors de titrisation, la Commission propose d’y réfléchir. Elle interroge aussi sur l’opportunité de réviser les règles de rétention du risque pour les titrisations de haute qualité.
Alors que certains acteurs se plaignent de la complexité du cadre réglementaire européen sur la titrisation, la Commission demande s’il serait judicieux de développer un «instrument applicable à tous les secteurs financiers (banque, gestion d’actifs et assurance)». Elle estime cependant que «certains aspects devront continuer à relever de la régulation sectorielle (comme Solvabilité 2 ou CRR)».
{"title":"","image":"81978»,"legend":"Titrisations. Illustration L’Agefi.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
L’heure du choix approche pour UniCredit sur Commerzbank
La banque italienne est en mesure de détenir au moins 40% de sa rivale allemande, ce qui lui offrirait un contrôle de fait sur l'entreprise. Paradoxalement, UniCredit aurait peut-être pourtant intérêt à rester sous ce seuil pour le moment. -
Prodige de BarcelonaTech, Theker boucle une des plus grosses levées de la robotique en Europe
Issue de l'Universitat Politècnica de Catalunya, qui abrite l'un des pôles européens les plus dynamiques en robotique, la jeune pousse catalane lève 85 millions de dollars lors d'un financement de série A mené par CRV, associé à Cathay Innovation, Samsung et LVMH. -
Ares Management surfe sur l’engouement pour l’asset-based financing
En moins de six mois, la société d’investissement boucle le plus important fonds dans cette stratégie, à 8,5 milliards de dollars. L’enveloppe globale atteint 12,7 milliards de dollars. -
Le Comité consultatif du secteur financier vante l’exception française dans le crédit immobilier
Le modèle hexagonal qui repose sur une combinaison taux fixe et solvabilité des emprunteurs plutôt que sur le tandem taux variable et valeur du bien est défendu. Pour le grand bonheur des banques. Le comité écarte toute idée de changement et alerte sur les risques liés au futur cadre prudentiel européen. -
Vanguard mise sur Manchester
Vanguard, le deuxième plus grand gestionnaire au monde, compte sur son bureau de Manchester pour soutenir sa croissance au Royaume-Uni, rapporte Financial News. -
Janus Henderson crée ses propres outils avec Anthropic
Janus Henderson mise sur une IA sur mesure développée avec Anthropic et Percepta pour révolutionner ses méthodes d’investissement et de relation client
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Un autre âge« Ça paraît fou » : l'effroyable réalité sur les outils de travail des procureurs
Malgré des alertes répétées, les parquetiers travaillent avec des logiciels obsolètes qui les empêchent de suivre correctement leurs dossiers -
Tour d'écrouLa BCE serre la vis des prix et... de la croissance
La Banque centrale européenne a relevé ses prévisions d'inflation, tout en révisant en baisse ses objectifs de croissance pour 2026 et 2027 -
Machine à perdreMidterms : le pari risqué des extrêmes au Sénat
Au Maine et dans le Texas, les électeurs démocrates et républicains ont élu des candidats controversés pour le Sénat, Graham Platner et Ken Paxton. En purgeant leurs ailes modérées, les deux partis font le pari de la radicalité, au risque de s’aliéner les électeurs clés de novembre