Bruxelles va regarder à la loupe la fusion Nyse Euronext/Deutsche Börse
La Commission européenne a lancé une enquête approfondie sur le projet. Elle craint des barrières à l’entrée sur les produits dérivés
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Tân Le Quang
Bruxelles va étudier de près le projet de fusion entre Nyse Euronext et Deutsche Börse. Plutôt que d’autoriser d’emblée la transaction avec une liste de concessions et de désinvestissements à réaliser, la Commission européenne a annoncé hier, sans surprise, à l’issue de sa période de réflexion initiale, l’ouverture d’une enquête approfondie de 90 jours. Elle annoncera au plus tard sa décision le 13 décembre.
Son premier examen, qui lui a permis de connaître l’opinion du marché, a révélé que ce projet de concentration était susceptible de poser des problèmes de concurrence dans un certain nombre de domaines et ferait de l’entité fusionnée «le leader incontesté du marché de la négociation des produits dérivés en Europe». Le régulateur s’inquiète des conséquences négatives en matière d’innovation dans les produits dérivés et les solutions technologiques connexes, et, de surcroît, en matière de prix et de barrières à l’entrée. «La possibilité pour les concurrents d’exercer une concurrence par les prix pourrait être réduite en raison de difficultés croissantes rencontrées pour entrer sur le marché», note Bruxelles. La liste des clients victimes d’une telle configuration de marché est longue, Bruxelles citant les fonds de pension, les organismes de placement collectif, les banques de détail, les courtiers et les banques d’investissement.
Aux yeux du régulateur, la structure fermée en «silo vertical» du groupe combiné sur les activités de compensation post-marché risque de renforcer aussi les barrières à l’entrée. Ses soucis portent également sur l’impact de la fusion dans les domaines liés à la négociation et à la compensation des valeurs mobilières et à l’octroi de licences d’utilisation des indices boursiers.
Nyse Euronext et Deutsche Börse ont tenté de rassurer, en précisant que leurs activités combinées resteront exposées à «des contraintes concurrentielles importantes de la part du marché de gré à gré (OTC), des autres marchés dans le monde, des nouvelles places de négociation, des systèmes de compensation compétitifs et des utilisateurs finaux sophistiqués». Convaincus que leur transaction augmentera le nombre de participants de marché et servira à accroître la liquidité, les partenaires ont chiffré à 3 milliards de dollars les efficacités de capital qui reviendraient aux clients.
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