Bruxelles reste sceptique face au plan français de réduction des déficits
Transmis début février à la commission européenne, le plan français d’assainissement des finances publiques d’ici à 2013 a été accueilli avec réserve par Bruxelles qui juge «plutôt optimistes» les hypothèses qui sous-tendent sa mise en œuvre. La trajectoire française d'évolution des finances publiques prévoit en effet une baisse du déficit public à 3,0% du PIB en 2013, après 4,6% en 2012, 6,0% en 2011 et 8,2% en 2010. Pour y parvenir, le gouvernement prévoit notamment «de limiter à 1% par an» à partir de l’année prochaine la croissance en volume de la dépense publique.
Mais c’est surtout l’hypothèse centrale d’une hausse annuelle du PIB de 2,5% à partir de 2011 qui retient l’attention de la Commission. L’exécutif européen la juge supérieure de 0,75% au potentiel de croissance moyen de l’économie française entre 2011 et 2013. Estimant que les objectifs français dans ses programmes de stabilité ont «rarement été atteints», Bruxelles ajoute que la stratégie du gouvernement français, qui pourrait être insuffisante pour faire baisser la dette publique, «ne laisse aucune marge de sécurité si la situation économique évolue moins bien que prévu». La France est donc invitée à réformer son marché du travail et à préciser sa stratégie budgétaire, notamment l’impact de la réforme des retraites attendue cette année ou les conséquences du grand emprunt.
La Commission, qui a également rendu hier son avis sur 14 programmes nationaux, a émis des critiques similaires en direction des principales économies européennes comme le Royaume-Uni, l’Italie ou l’Espagne, en jugeant que «dans plusieurs cas, la stratégie d’assainissement budgétaire proposée n’est pas suffisamment étayée par des mesures concrètes à compter de 2011».
Le problème français ne semble cependant pas être le plus épineux, si l’on en croit une étude récente de Credit Suisse consacrée à l’endettement des différents pays de l’OCDE. La banque a calculé que «le resserrement budgétaire devrait atteindre 7% du PIB pour stabiliser la dette du Royaume-Uni à son niveau actuel», hors cessions de participations d’Etat, ce qui paraît politiquement difficile à accepter. Cet effort budgétaire serait de 6% en Espagne et d’environ 4% en France.
Plus d'articles du même thème
-
«L’euro-dollar se reprendra avec le comblement du différentiel de taux réels entre les deux zones»
Xavier Chapon, directeur de gestion cotée et dette privée d’Arkéa Asset Management. -
« Les répercussions devraient être plus modérées que celles de la guerre en Ukraine en 2022 »
Michele Morganti, Senior Equity Strategist chez Generali Investments -
«Le positionnement neutre nous permet de naviguer dans l’incertitude actuelle tout en restant exposés à la volatilité»
Findlay Franklin, gérant crédit multi-actifs chez RBC BlueBay -
« Le rebond récent paraît fragile »
Pierre-Alexis Dumont, Directeur des Investissements de Sycomore AM -
Le blocage d’Ormuz est chaque jour plus problématique
Plus le blocus du détroit d’Ormuz sera long, plus il sera difficile de normaliser la situation sur les marchés de l’énergie. Les mesures de compensation du déficit d’offre du Moyen-Orient vont s’épuiser. Avec un risque de pénurie et la nécessité que le détroit ouvre rapidement. -
Céline Dion pourrait apporter un léger coup de pouce à la croissance française
La star québécoise donnera 16 concerts devant 480.000 spectateurs à La Défense Arena cet automne. L’exclusivité mondiale de ces shows pourrait attirer de nombreux visiteurs étrangers à Paris et ajouter jusqu'à un milliard d'euros d'activités à l'économie française.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Amundi attribue une rémunération de 2,67 millions d’euros à Valérie Baudson pour 2025
- Vincent Cornet quitte le directoire de LBP AM
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreLongévité : pourquoi la France gère son déclin au lieu d’exporter sa croissance
En traitant l'allongement de la vie comme un sujet de « dépendance » ou de « retraite », et non comme un sujet de performance, de souveraineté et d'innovation, la France passe à côté d'un marché qui pourrait franchir les 3 000 milliards d’ici 2030 -
No pain, no gainIA et marché du travail : pourquoi il ne faut pas (seulement) s'inquiéter
L'annonce de licenciements massifs chez Meta relance les inquiétudes sur la manière dont l'intelligence artificielle va bouleverser le marché de l'emploi. Mais des éléments rassurants existent -
Medhi Bensaid, ministre de la Culture du Maroc : « La Coupe du monde 2030 permettra de montrer le royaume »
Le ministre marocain de la Culture veut s'associer au privé pour développer des infrastructures culturelles. A côté des secteur traditionnels, il met en avant la stratégie marocaine dans le domaine des jeux vidéo