Bruxelles ne clora pas demain la polémique avec sa liste des paradis fiscaux
Demain mardi, l’Union européenne devrait publier sa première liste noire des paradis fiscaux. C’est peu dire qu’elle est attendue, si attendue même et par tant de parties opposées qu’on peut être sûr qu’elle ne clora pas la polémique sur le sujet.
Celle-ci, déjà virulente, explique le secret dont le dossier a été entouré. Alors que l’Union a passé au crible le cas de 92 pays litigieux, les rares indiscrétions font état d’une liste finale forte de moins de 30 pays.
En tout cas pour l’instant : car si tous partagent les caractéristiques des paradis fiscaux telles que l’Union les définit, chacun peut encore échapper aux foudres de Bruxelles à condition de s’engager d’ici demain, et « au plus haut niveau », à réformer son système fiscal. Ces derniers jours, la Turquie a fait des promesses fortes, qui devrait lui valoir de s’extraire de la liste.
Y figurer ne signifiera pas seulement l’opprobre pour les Etats concernés. Ils pourraient aussi encourir des sanctions « fortes et dissuasives » en matière de financements de l’Union et de ses banques d’investissement, la BERD et la BEI.
Du côté des ONG, l’initiative ne suffira pas à apaiser les critiques. Oxfam, l’un des plus déterminée, a annoncé la couleur, en publiant sa liste forte de 39 pays, dont 35 non-européens et 4 européens : l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas et Malte. Or l’Union ne publiera demain qu’une liste de pays non européens, se refusant à y inclure ses propres membres.
Or sa prudence ne suffira pas non plus à éviter toute controverse avec l’un des plus éminents d’entre eux, le Royaume Uni. Car certaines dépendances britanniques, comme Jersey ou Guernesey, remplissent les conditions pour être tenues pour des paradis fiscaux.
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