Bruxelles joue aussi gros que Google avec la bataille d’Androïd
Tout le monde risque gros sur le nouveau front que Bruxelles ouvre contre Google à propos du système d’exploitation Androïd.
Sur le papier, le géant risque une amende de plus de 7 milliards de dollars, tandis que la Commission joue sa crédibilité de régulateur.
La Commission a bien sûr en tête le précédent Microsoft. Lui aussi avait été attaqué en 2004 pour cause de domination outrageuse de Windows et sur la gestion trop avantageuse de l’écosystème de logiciels qui en dépendait.
Microsoft contrôlait alors 95% du marché du PC. Or la part d’Androïd dans les mobiles est de 80%. L’ordre de grandeur est comparable.
Quant à l’écosystème applicatif de Google, il vaut bien celui de Microsoft naguère.
Reste des différences importantes : sur l’ensemble des ordinateurs, toutes catégories confondues, la part d’Androïd est de 40%, celles d’Apple et Microsoft approche 30%.
En fait, le marché mondial des terminaux est un oligopole.
Par ailleurs, contrairement à Microsoft, Google ne vend pas Androïd, se rémunérant sur la publicité et la vente d’applications.
En profite-t-il pour exclure les indésirables de son système ? Le cœur du contentieux est là.
Ce ne sera pas facile à prouver, comme le montre l’exemple du Canada qui vient de clore sans suite une enquête sur le sujet.
Ce qui est clair, c’est que la défaite de Microsoft avait sonné la fin, non de sa prospérité mais de sa domination absolue.
Entre les contentieux fiscaux, ceux relatifs à son moteur de recherche ou à sa politique en matière de données personnelles, la barque est bien pleine pour Google.
Il est clair que les régulateurs bruxellois trouvent que sa domination doit elle aussi cesser. Et ils ne sont pas les seuls dans le monde à le penser.
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