Bruxelles donne un peu d’air à Rome et Paris sur leurs projets de budget 2015

La Commission européenne a donné un feu vert provisoire aux projets de budget 2015 après les concessions faites par les deux pays.
Antoine Duroyon

Un feu vert provisoire. C’est ce que la Commission européenne a délivré hier à la France et à l’Italie pour leurs projets de budget 2015. L’exécutif européen n’a pas identifié de «cas sérieux de non-conformité» et n’opposera donc pas de jugement négatif, a indiqué dans un communiqué le vice-président de la Commission. Le finlandais Jyrki Katainen a ensuite tracé la feuille de route. «Nos services vont à présent s’employer à terminer leur évaluation détaillée des projets budgétaires et la nouvelle Commission adoptera ses opinions à leur sujet en novembre», a-t-il expliqué. «Toute carence ou risque sera clairement identifié à ce stade. Toute mesure éventuelle à prendre suivant le Pacte de stabilité et de croissance sera examinée ultérieurement», a-t-il encore ajouté.

Pour emporter l’adhésion de la Commission, Rome et Paris avaient dévoilé tour à tour des ajustements apportés à leur projet de budget 2015. Du côté français, les nouvelles mesures détaillées doivent dégager 3,6 à 3,7 milliards d’euros d'économies supplémentaires et abaisser le déficit structurel de plus de 0,5 point de PIB, contre 0,2 point escompté initialement. «Nous avons eu un dialogue constructif avec la Commission européenne, que nous allons poursuivre. Nous devons trouver collectivement les moyens d’une reprise économique dans l’ensemble de la zone euro», a réagi le ministre français des Finances Michel Sapin. Paris table sur un déficit global représentant 4,3% du PIB l’an prochain, un niveau nettement supérieur au plafond de 3% prévu dans le Pacte de croissance et de stabilité.

Du côté italien, le gouvernement de Matteo Renzi a finalement cédé à la pression en proposant 4,5 milliards d’euros d'économies supplémentaires. Le déficit structurel devrait diminuer de 0,3 point, soit 20 points de base de plus que dans le projet de départ. Dans une mise à jour du Document économique et financier, le gouvernement italien a par ailleurs ramené son objectif de déficit budgétaire pour 2015 de 2,9% du PIB à 2,6%, après avoir l’avoir catapulté de 1,8% à 2,9% le 1er octobre. Si la Commission européenne a théoriquement la capacité d’imposer de nouvelles modifications d’un projet de budget, elle devrait privilégier la voie du compromis.

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