Bruxelles choisit une assiette large pour sa taxe financière
La Commission européenne a mis sur la table une proposition de directive qui, si elle était adoptée, permettrait de lever 55 milliards d’euros dès 2014 auprès des institutions financières. Mais la fin de l’histoire est encore loin d’être écrite. L’unanimité étant requise, comme toujours en matière fiscale, chaque pays dispose d’un droit de veto, donc d’une capacité de négociation considérable.
Reste que la Commission a imaginé une taxe qui échappe autant que possible aux critiques qui lui sont habituellement adressées. Sur les risques de fuite des transactions et des activités, d’abord. Elle a finalement opté pour un taux faible: 0,1% sur les échanges d’actions et d’obligations et 0,01% de la valeur des contrats sur les échanges de dérivés. En revanche, l’assiette est large puisqu’elle inclut toutes les transactions sur les marchés secondaires à l’exception des devises (uniquement le cash, les options et autres contrats sont taxables). Si elle juge le risque de délocalisation limitée, la Commission assume néanmoins l’idée qu’une telle taxe aurait un impact sur certaines activités comme le trading à haute fréquence. «Certains vont devoir revoir leur modèle économique», a estimé le commissaire à la Fiscalité, Algirdas Semeta qui dit vouloir «décourager les activités de trading improductives».
Par ailleurs, la Commission opte pour une taxation sur la base de la nationalité de la contrepartie ou du donneur d’ordre, ce qui élargit encore le champ de la taxe. Par exemple, l’achat à une banque polonaise d’une action d’une société australienne par la filiale suisse de Deutsche Bank donne lieu à une double taxation. La banque polonaise serait soumise à la taxe sur les transactions telle qu’elle aura été transposée en Pologne. S’agissant de la filiale suisse de Deutsche Bank, deux solutions. Soit l’opération a été menée pour le compte de Francfort, et c’est alors la maison mère qui sera redevable de la taxe en Allemagne, soit elle a été menée pour compte propre et alors la filiale suisse de Deutsche sera redevable de la taxe en Pologne.
Pour le repérage des transactions, Bruxelles dit vouloir «utiliser les infrastructures existantes»: Bourses, chambres de compensation, dépositaires. Pour les dérivés OTC, elle compte sur les nouvelles obligations de reporting résultant des réformes en cours.
Plus d'articles du même thème
-
La péninsule Ibérique s’impose comme un terrain fertile pour les banques étrangères
L’intérêt du Crédit Agricole pour Cajamar fait écho aux ambitions croissantes d’autres acteurs bancaires européens en Espagne et au Portugal. -
Le Crédit Agricole s’allie avec Cajamar, un petit cousin espagnol
La banque verte annonce une prise de participation de près de 10% au capital du premier groupe bancaire coopératif espagnol. L’alliance se double de projets de distribution dans différents services financiers, mais pas dans l’assurance. -
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
Le gestionnaire d’actifs français élargit son offre avec un véhicule sur les stratégies à court terme et un fonds axé sur les obligations d’entreprises mondiales. -
Les banques américaines ouvrent grand le robinet des dividendes
La Réserve fédérale américaine a publié mercredi les résultats des tests de résistance des 32 plus grandes banques du pays. Toutes ont réussi à passer ces tests, qui ont ouvert la voie aux annonces de hausse de dividende. -
OpenAI dévoile Jalapeno, sa première puce IA
Conçue en partenariat avec Broadcom, la première puce d'OpenAI a été pensée pour fonctionner avec les modèles du créateur de ChatGPT et ceux d'autres entreprises pour moins cher. -
Alan enchaîne les levées de fonds pour nourrir ses ambitions
Trois mois après avoir levé 100 millions d’euros, la licorne française de l’assurance santé en ligne boucle un nouveau tour de table à 480 millions d’euros et fait entrer le fonds néerlandais Prosus et le family office britannique Dara Holdings au capital.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
Contenu de nos partenaires
-
« La goutte d'eau qui fait déborder le vase » : pourquoi la canicule accroît le risque de suicide
En période de canicule, les risques de conduites suicidaires augmentent significativement. Explications avec la psychiatre Marine Akkaoui, spécialiste de l’impact de la chaleur sur la santé mentale -
Oser le rosé le plus cher du monde?
À 190 euros la bouteille, le Clos du Temple de Gérard Bertrand s'est imposé comme le rosé le plus coûteux jamais commercialisé. -
La voile, un véritable soft power pour Loro Piana
Comment la griffe italienne Loro Piana, épitome du quiet luxury et sponsor de la Giraglia, a fait du nautisme un ultime laboratoire du luxe.