Bruxelles bat en brèche les prévisions économiques de Madrid
L’Espagne est loin d'être sortie de la crise. C’est ainsi que l’on pourrait résumer les prévisions économiques de la Commission européenne sur l’Espagne, qui augure une contraction du PIB de 1,6% en 2012 et de 1,5% en 2013 ainsi qu’un déficit public de 8% pour cette année.
Les chiffres de Bruxelles, qui devraient être publiés aujourd’hui, contrastent avec les prévisions du gouvernement espagnol. Celui-ci table sur un recul du PIB de 1,5% en 2012 et de 0,5% en 2013. Ils viennent contrecarrer l’optimisme affiché par Madrid, qui voit déjà apparaître les premiers «bourgeons» du redressement.
Les économistes de BBVA arrivent à des conclusions proches de celles émises par Bruxelles: «l'économie espagnole continue le processus d’ajustement de son activité et de l’emploi qui, dans le scénario le plus probable, se prolongera jusqu'à la première moitié de 2013, ce qui supposera une chute du PIB de 1,4%, tant pour cette année que pour la suivante», peut-on lire dans leur rapport, publié hier.
Selon le quotidien El País, le plus préoccupant, ce sont les prévisions de la Commission sur le déficit public espagnol, qui atteindra 8% en fin d’année et 7%, si l’on exclut l’effet de la recapitalisation des banques. Bruxelles table sur un déficit public de 6% en 2013 et de 5,8% en 2014 contre 4,5% et 2,8% respectivement, selon le gouvernement espagnol. C’est sur la base de ces chiffres que Madrid a fait ses calculs pour établir son budget 2013, en engageant un programme d’austérité, visant à récupérer, via économies et hausses d’impôts, 150 milliards d’euros jusqu’en 2014. Pour Bruxelles, la consolidation fiscale n’a pratiquement pas avancé dans les huit premiers mois de l’année car une bonne partie des économies a été engloutie par la chute des recettes fiscales, les remboursements des intérêts de la dette et l’augmentation des dépenses sociales.
Même verdict chez BBVA: «malgré les progrès importants réalisés dans la réduction des dépenses publiques, ce ne sera pas suffisant pour atteindre l’objectif de déficit pour la fin de l’année, en raison de la détérioration des recettes».
Seuls les pronostics d'évolution sur la dette publique rejoindraient ceux du gouvernement de Mariano Rajoy. Alors que la Commission européenne prévoit que la dette publique espagnole passera de 83,7% en 2012 à 93,7% en 2014, l’exécutif espagnol table sur 85,3% en 2012 et 90,5% en 2014.
Plus d'articles du même thème
-
Rubis contient les nouvelles ambitions d’un actionnaire activiste
Le premier investisseur du spécialiste de la distribution de produits pétroliers n’est pas parvenu à ses fins lors de l’assemblée générale du groupe. -
La Banque du Canada laisse son taux inchangé à 2,25%
Alors que le PIB s’est contracté au premier trimestre, le comité de politique monétaire canadien considère que l’inflation à 2,8% n’est que temporaire, ce qui ne nécessite pas d’intervenir sur les taux. -
Alstom verdit son financement avec une nouvelle obligation hybride
L’émission de 700 millions d’euros conforte, pour l’heure, la notation prisée de l’émetteur en catégorie investisseurs. -
L’actionnariat salarié séduit plus que jamais entreprises et collaborateurs
Un nouveau record a été enregistré l'an dernier avec 4,4 milliards d’euros de souscriptions, pour 37 opérations. Le taux de souscription à l’international atteint pour la première fois les 30%. La souscription moyenne en France touche un plus haut à 5.333 euros. -
L’inflation chinoise reste élevée en mai à cause du coût de l’énergie
L’évolution des prix à la consommation reste contrastée entre les denrées alimentaires toujours en baisse et les transports qui continuent d’augmenter, mais l’inflation des prix à la production est au plus haut depuis quatre ans. -
La Zambie boucle un rachat de dette polémique
L’offre sur les obligations indexées sur la performance économique du pays a été relevée après l’opposition de certains créanciers. Ce précédent, s’il ne marque pas la fin de cet instrument de dette, utile dans les restructurations, suggère que des améliorations sont nécessaires.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
Contenu de nos partenaires
-
Voix basseAffaire Lyhanna : pourquoi le RN choisit la retenue
D'ordinaire prompt à s'emparer des faits divers pour imposer ses thèmes de prédilection, le RN réagit avec davantage de retenue à l'affaire Lyhanna. Et mise moins sur la surenchère que sur la dénonciation d'une faillite globale de l'Etat -
« Une célébrité surcotée » : Anthropic publie une version sécurisée de Mythos, son IA surpuissante
Anthropic dévoile une version bridée de son IA ultra puissante. Une annonce retentissante qui sert une stratégie de communication bien huilée : l’accès au public est en fait bordé par des tarifs dissuasifs et des garde-fous stricts -
Game changerComment l'Ukraine a fait basculer la guerre
Privée d’accès à Starlink, distancée sur le plan technologique, la Russie multiplie les déconvenues sur le front et subit de plus en plus de frappes en profondeur