British Airways s’intéresse de nouveau à Iberia
L’Italie pour Air France-KLM et l’Espagne pour British Airways ? Le raccourci est facile mais toujours est-il que, quelques jours après le dépôt de l’offre sur Alitalia, British Airways (BA) a annoncé mercredi avoir acheté une part supplémentaire de 3 % dans Iberia, portant sa participation totale à 13,15 %. Surtout le groupe britannique déclare envisager l’augmenter encore. Le titre de la compagnie aérienne espagnole a bondi à la suite de cette affirmation, gagnant en fin de séance 4,13 % à 2,52 euros. British Airways chutait pour sa part de 3,47 %. La compagnie aérienne britannique a dit avoir acheté quelque 28,7 millions d’actions Iberia au prix moyen de 2,34 euros par titre.
«Cette acquisition reflète l’importance stratégique que nous attachons à nos relations avec Iberia », a déclaré le directeur général de BA, Willie Walsh, qui rajoute : «Nous examinerons d’autres opportunités pour accroître notre participation ».
Iberia a dégagé l’an dernier un bénéfice net de 328 millions grâce notamment à ses liaisons vers l’Amérique latine. L’an dernier, en partenariat avec le fonds d’investissement TPG, la compagnie britannique avait envisagé une offre sur la totalité du capital d’Iberia au prix de 3,60 euros, mais elle n'était pas allée au bout du projet en raison de l’opposition de la caisse d'épargne Caja Madrid, principal actionnaire d’Iberia avec 24 % des actions.
Depuis, l’action Iberia a perdu environ un tiers de sa valeur sous le double effet de l'évaporation de la prime de rachat qui avait soutenu le titre et du durcissement de la conjoncture avec notamment l’envolée des prix du pétrole, évolution qui pèse sur l’ensemble du secteur du transport aérien. Avec un titre s’approchant des 2,50, British Airways peut aussi regarder d’un autre œil la compagnie espagnole. «Le fait que British Airways augmente sa participation va relancer les spéculations sur un rachat d’Iberia », a souligné un courtier basé à Madrid.
Début février, Willie Walsh avait dit être en discussions avec Caja Madrid au sujet de l’avenir d’Iberia, qui fait partie de l’alliance commerciale One World pilotée par British Airways et American Airlines. Mais il est aussi vrai que «l’affaire Alitalia» est loin d’être réglée, de l’aveu même du PDG d’Air France en butte aux syndicats et aux politiques, et en cas d’échec, on ignore ce que ferait la compagnie britannique (lire aussi en page 21).
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