Bridgepoint modère ses appétits pour déployer au mieux son nouveau fonds
Moins d’un an pour lever 4 milliards d’euros. C’est la performance réussie par Bridgepoint, qui vient de boucler son cinquième fonds européen après avoir lancé le processus en mai 2014. Les investisseurs présents dans le précédent véhicule, à l’image du fonds de pension californien CalPers, ont accru en moyenne de 25% leur mise. Le fonds LBO a largement dépassé son objectif initial de 3,5 milliards d’euros.
Celui-ci était toutefois bien inférieur aux 4,8 milliards d’euros collectés en 2008 par le précédent millésime, Bridgepoint Europe IV. Le nombre d’investisseurs a aussi été resserré.
«Nous avons calibré la taille du fonds sur une durée d’investissement de quatre ans plutôt de que cinq ans et demi, et nous nous étions engagés auprès des souscripteurs à ne pas dépasser les 4 milliards d’euros, explique Frédéric Pescatori, patron de l’activité d’investissement de Bridgepoint en France. Il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre, car l’enjeu des fonds LBO aujourd’hui est de pouvoir déployer leur capital de façon intelligente».
Le rythme d’investissement de Bridgepoint oscille entre 750 millions et un milliard d’euros par an. Le contexte est aujourd’hui porteur – sortie de crise en zone euro, taux bas, effets du QE –, mais se traduit aussi par une remontée des prix des actifs, notamment outre-Manche. «On assiste à une vraie polarisation des fonds de capital investissement sur les meilleurs actifs, avec une montée des enchères. C’est pour cela que nous préférons investir dans des sociétés où nous pouvons réaliser un gros travail de transformation, comme Histoire d’Or ou Medipôle Partenaires en France», souligne Frédéric Pescatori.
Le fonds V, qui ciblera les sociétés d’une valeur de 150 à 600 millions d’euros, n’a pour l’instant réalisé qu’un seul investissement, la chaîne de restaurants italiens Zizzi au Royaume-Uni. Le précédent fonds compte, lui, 24 participations, la dernière en date étant l’éditeur français de logiciels eFront, et se trouve désormais totalement investi.
Bridgepoint, qui ne communique pas ses performances, a rendu l’an dernier 2,1 milliards d’euros à ses souscripteurs. Ses sociétés en portefeuille affichent une croissance moyenne annuelle de leur Ebitda de 13%.
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