Brexit, l’UE doit fermer la porte à l’extension de l’article 50
Maintenant qu’il est établi qu’aucune majorité n’existe au Parlement britannique en faveur du Brexit négocié par Theresa May, l’Union européenne doit-elle étendre l’article 50 pour donner le temps à la Grande Bretagne de dégager une majorité sur un schéma de sortie ? La réponse ne peut être qu’un « non » catégorique.
D’abord le temps n’a pas manqué aux Britanniques pour se faire une religion sur le sujet.
Doit-on rappeler que les ‘Brexiters’ n’ont commencé à réfléchir au sujet qu’après le référendum ? Que l’Europe a dû attendre, les bras croisés, la fin des multiples rebondissements du débat au sein gouvernement, du parti conservateur et du Parlement pour négocier enfin sérieusement avec Mme May ?
Faut-il rappeler aussi que cette dernière a crû subtil de perdre un temps précieux, en juin 2017, avec des élections générales, au prix d’un affaiblissement de sa propre majorité ?
Puis d’attendre janvier 2019 pour soumettre son texte aux députés ? Si le temps manque, la faute en incombe aux Britanniques et non aux 27, unis autour d’une position commune mais privée d’interlocuteurs.
Donner une nouvelle chance aux britanniques conduira surtout l’UE à négliger son propre agenda politique, marqué par les élections de mai.
Aucun report de la date du Brexit au-delà du 29 mars ne saurait se justifier dès lors qu’il viendrait interférer avec cette échéance capitale.
D’abord parce qu’il est hors de question que le débat, déjà lourd d’incertitudes, soit pollué par celui du Brexit ; ensuite parce qu’un pays sur le point de quitter l’UE ne saurait participer à cette consultation pour avoir ensuite voix au chapitre au Parlement ou à la Commission.
Enfin parce que l’UE ne connaît pas le premier mot du projet britannique qui pourrait justifier un report, vu la confusion sans borne qui règne à Londres.
Si « Brexit means Brexit », c’est à Londres seulement que la voie de sortie doit être trouvée : soit Mme May sort de son chapeau un nouveau texte acceptable par le Parlement, soit le peuple est appelé à trancher sur une révocation de l’article 50, soit le pays sort de l’UE sans accord.
Toute autre solution ne ferait pour l’UE qu’allonger le brouhaha ambiant au détriment de ses propres intérêts : ce n’est pas un choix facile mais c’est le seul qui vaille.
Plus d'articles du même thème
-
Les provisions de Nubank font passer la hausse de son bénéfice au second plan
La néobanque brésilienne, une des plus importantes du monde en termes de revenus, a publié des résultats inférieurs aux prévisions des analystes à cause d’une augmentation du montant de ses provisions. -
Grape Hospitality se refinance pour rénover son parc hôtelier
Cette opération d'un montant total de 481 millions d'euros permettra notamment au groupe hôtelier de rénover son parc hôtelier mais également de réaliser des investissements d'immobilisations liés à la RSE. -
LVMH cède Marc Jacobs à WHP Global et G-III Apparel
Le géant français du luxe poursuit la rationalisation de son portefeuille de marques. Si le montant n’est pas officiellement dévoilé, les acquéreurs - WHP, propriétaire de Vera Wang et G-Star, et G-III, détenteur de Lagerfeld et DKNY - lèvent 850 millions de dollars pour financer l’opération. -
Le Congo poursuit ses émissions d’eurobonds
Six mois après son retour sur le marché des eurobonds, le pays vient de lancer une opération de rachat d’obligations et une nouvelle émission obligataire de 575 millions de dollars alors qu’il entame des discussions avec le FMI. -
Le cinéma réécrit son scénario pour attirer les épargnants
Porté par de nouveaux fonds, le financement du cinéma cherche à sortir de la logique de défiscalisation pour devenir une véritable classe d’actifs. -
Les plateformes de streaming vidéo, désormais mécènes incontournables du cinéma tricolore
Cannes accueille le plus grand festival de cinéma au monde depuis le mardi 12 mai, ainsi qu'un imposant marché du film. Netflix, Amazon et consorts s’imposent maintenant de plus en plus dans les financements des films, y compris français, dans un marché en pleine concentration et bousculé par l'intelligence artificielle.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- Bruxelles poursuit l'assouplissement des exigences ESG
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Bertrand Merveille : «BDL Capital pourrait battre cette année ses records d'encours et de collecte»
- Emergence accueille cinq nouveaux investisseurs institutionnels
Contenu de nos partenaires
-
Téhéran assure que le détroit d'Ormuz est ouvert aux navires « des pays qui ne sont pas en guerre contre l’Iran »
Les navires qui veulent franchir le détroit doivent coordonner leur passage avec les forces militaires iraniennes afin d’« éviter tout obstacle potentiel » et de garantir « un passage sûr », selon le ministre iranien des Affaires étrangères -
442 mises en demeure et six signalements à la suite de contrôles effectués dans les écoles privées
S’il « n’y a pas eu de nouveau Bétharram », selon le ministre de l’Education, Édouard Geffray, on compte néanmoins 442 mises en demeure et six signalements au procureur -
EXCLUSIFAllègements de charges : le dilemme du gouvernement
Selon nos informations, le gel du barème empêcherait les réductions de charges de gonfler d'un peu plus de 2 milliards d'euros, le barème étant normalement indexé sur le Smic, qui va augmenter de 2,4 % au 1er juin.