Brasilia fait le choix de la relance budgétaire pour doper la croissance

Le gouvernement brésilien a lancé un programme ciblé de baisse d’impôts quitte à limiter les marges de manœuvre de la banque centrale
Patrick Aussannaire

Le Brésil met le paquet pour relancer la croissance. Après la relance monétaire, le gouvernement brésilien a décidé vendredi d’actionner le levier budgétaire à hauteur de 2,8 milliards de real (1,15 milliard d’euros) pour tenter de contrer les répercussions potentielles de la crise européenne et des déboires américains sur l’économie du pays. «Nous devons nous prémunir contre une contagion de la crise extérieure» indique le ministre des Finances, Guido Mantega. Au menu, la suspension de la taxe dite IOF de 2% perçue sur les acquisitions d’actions brésiliennes par des non-résidents créée il y a deux ans pour freiner les entrées massives de capitaux qui avaient généré une appréciation du real. La taxe de 6% sur les acquisitions d’obligations par des non-résidents a été conservée.

Une mesure qui a eu pour effet de faire rebondir le real de 0,5% à 1,80 contre dollar. «Les craintes liées au taux de change se sont relativement dissipées suite à la dépréciation de 13% du real au cours des quatre derniers mois, bien que la devise reste supérieure de 30% à son niveau d’il y a trois ans», estime Aurel BGC.

Mais les ambitions brésiliennes ne se limitent pas à la relance des investissements étrangers. «Le marché intérieur brésilien est notre force», a rappelé Guido Mantega. Les autorités ont diminué de 50 bp à 2,5% l’impôt sur les crédits à la consommation et réduit à zéro une taxe sur les obligations d’entreprises émises pour financer des projets d’infrastructures. Des baisses d’impôts sur plusieurs produits alimentaires ont été prolongées et les taxes sur des biens électroménagers fortement réduites. Un plan à effet immédiat destiné à doper la demande intérieure à l’approche des fêtes de fin d’année.

Alors que la croissance devrait ralentir à 3% en 2011 après 7,5% en 2012, Guido Mantega affiche clairement ses ambitions en tablant sur «un retour de la croissance en 2012 à 5%, c’est notre objectif». Si le gouvernement peut compter sur le soutien de la banque centrale, cette dernière pourrait voir ses marges de manœuvre réduites avec une inflation (à 6,69%) restant supérieure à son objectif. Suite à l’annonce, les taux à un an ont gagné 11 bp à 9,74%, contre un taux directeur ramené la semaine dernière à 11%. La banque centrale conditionne le ralentissement de l’inflation à l’atteinte de l’objectif d’un surplus budgétaire de 3,1% du PIB avant intérêts en 2012.

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