BNP Paribas veut enrayer son déclin dans la gestion d’actifs
Avec ses retours sur fonds propres élevés, la gestion d’actifs reste «un métier stratégique» pour BNP Paribas. Reste à traduire cette ambition en chiffres. En dévoilant hier un plan d’action surprise pour ce métier, la banque française ne s’est pas appesantie sur la crise aiguë traversée par sa branche de gestion BNP Paribas Investment Partners (BNPP IP). Sa décollecte nette atteint pourtant 19 milliards d’euros au deuxième trimestre, un niveau record équivalent aux sorties observées sur toute l’année 2012. Il pâtît notamment du désamour persistant pour les fonds monétaires, pénalisés par la baisse des taux et le report de l’épargne des ménages des OPCVM vers les produits bilanciels qui renforcent les bilans bancaires.
Pour inverser la tendance, BNP Paribas espère collecter 40 milliards d’euros nets d’ici à 2016, non pas globalement, mais «dans les segments à forte valeur ajoutée». 47% devront provenir des institutionnels, le potentiel le plus «intéressant» selon Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas; 36% d’Asie-Pacifique avec «un horizon de temps plus lointain»; et 17% de la distribution auprès des particuliers et banques privées, principalement en Europe continentale via «des partenariats avec des réseaux bancaires ou de distribution» et «l’industrialisation des processus».
BNPP IP contribue déjà au plan d’économies du groupe et compte 3.200 collaborateurs contre 3.700 personnes fin 2010. BNP Paribas mise désormais sur des efforts commerciaux et de nouveaux produits, mais ne chiffre pas ses investissements et objectifs financiers, hormis une hausse des revenus du métier de 10% d’ici à 2016.
Autre inconnue, la taille de BNPP IP à moyen terme. A 375 milliards d’euros fin juin, ses encours passent sous la barre des 400 milliards d’encours pour la première fois depuis l’acquisition de Fortis en 2009. Soit une chute de 40 milliards depuis fin 2012 et de 82 milliards par rapport au pic de fin 2010. La gestion d’actifs perd aussi du terrain face aux autres métiers du pôle investment solutions (immobilier, assurance, etc.), notamment la banque privée (272 milliards d’euros d’encours). Elle pèse seulement 43% du total, contre 50% en 2010.
A l’heure où le succès se concentre sur les géants indépendants anglo-saxons d’une part, et les boutiques spécialisées d’autre part, BNPP IP doit encore trouver sa place. Il est désormais deux fois plus petit qu’Amundi, le leader français filiale du Crédit Agricole et de la Société Générale.
Plus d'articles du même thème
-
Vallourec confirme prévoir de redistribuer 540 millions d'euros à ses actionnaires d'ici à la fin de 2026
Vallourec a bouclé le 30 juin dernier son programme de rachat d'actions initié le 8 janvier. -
Apple perd un recours décisif contre la Commission européenne
La plus haute juridiction européenne a notamment maintenu un régime de règles et de contrôles renforcés à l’App Store d’Apple et à son système d’exploitation dédié aux iPhone, iOS. -
UniCredit est aux portes des 50% chez Commerzbank
Le groupe italien a désormais obtenu 17,6% de sa cible allemande via son offre publique. Il devrait être en mesure d’en prendre le contrôle mais pas encore de mettre en œuvre une fusion complète. -
La cour d’appel estime à son tour que Bolloré ne contrôle pas Vivendi
Dans sa décision du 8 juillet 2026, la cour d’appel de Paris a suivi la Cour de cassation en estimant que Vincent Bolloré et Bolloré SE ne contrôlaient pas Vivendi et n'avaient pas à lancer une offre de rachat des minoritaires. -
Le succès de sa stratégie small caps amène Andera à renforcer son équipe Expansion
Face à une demande telle que le plafond du véhicule a été relevé à deux reprises, Andera Partners boucle son quatrième fonds Expansion à 430 millions d'euros. Soucieux de ne pas changer de segment en termes de taille d'entreprise, le gérant prévoit de l'élargir progressivement aux marchés italien et espagnol. -
Amazon émet 25 milliards de dollars d’obligations avec une demande en retrait
Le géant du commerce en ligne et du cloud a lancé une nouvelle émission obligataire portant sur huit tranches à taux variable et fixe de 3 ans à 40 ans. Mais le succès n’a pas été aussi spectaculaire que lors de sa transaction précédente, avec un livre d’ordre couvrant l’offre d’un peu plus de 1,5 fois.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionL’efficacité de l’impôt est la condition de la justice fiscale
Victor Fouquet : « C’est contre-intuitif, mais la taxation des héritages a pour effet immédiat d’augmenter les inégalités patrimoniales : rapportés à leur patrimoine déjà accumulé, les héritages reçus par les plus pauvres sont proportionnellement plus importants que ceux reçus par les plus riches, de sorte que les héritages réduisent les inégalités tandis que leur taxation les accroît » -
La Sardaigne du nord au sud en 10 adresses coups de cœur
La Sardaigne ne laisse personne indifférent. Deuxième plus grande île de la mer Méditerranée, elle dévoile une incroyable diversité de paysages. Du nord au sud, chaque étape réserve son lot de surprises. Les amateurs de farniente, de sport, de plongée sous-marine, de gastronomie, d'histoire partagent tous l’amour de cette île d’exception. Nous avons sélectionné 10 adresses coup de cœur, qui vous emmènent à la découverte des incontournables. -
Hors budgetPourquoi la facture IA des entreprises explose
Certains grands groupes réduisent drastiquement l'usage des modèles les plus récents pour contenir leurs dépenses, sans perdre pour autant de terrain dans la course technologique