Le constructeur bavarois dit avoir mis en place une protection de près de 100 % sur le dollar et projette une extension de sa production aux Etats-Unis
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Lothar Gries, à Francfort
Malgré la faiblesse persistante du dollar et la menace d’une récession sur son principal marché, les Etats-Unis, BMW s’affiche optimiste pour l’année en cours. «Nous voulons atteindre un résultat d’exploitation supérieur aux 3,87 milliards d’euros réalisés en 2007», a affirmé hier son patron, Norbert Reithofer. Pour y parvenir le groupe a pris soin de mettre en place une protection « de près de 100 %» sur les risques de change liés au dollar. «Même un dollar à 1,50 euro et plus n’aura qu’un impact limité sur le bilan de l’année en cours», a souligné Norbert Reithofer. C’est donc surtout en raison de la fluctuation des monnaies asiatiques, notamment le yen, que BMW s’attend à un effet négatif cette année de l’ordre de 400 millions d’euros. L’an dernier l’impact des risques de change a été de 517 millions d’euros, après 666 millions en 2006.
Le groupe est d’autant plus vulnérable aux monnaies que plus de 50 % de ses véhicules sont vendus en dehors de la zone euro ; les Etats-Unis arrivant largement en tête avec 340.000 véhicules écoulés l’an dernier. Parallèlement à une meilleure couverture des risques de change, le groupe projette une extension de ses capacités de production dans son usine de Spartanburg en Caroline du Sud. BMW veut y investir 750 millions de dollars pour porter la production de ses 4x4 (X3, X5 et X6) à 80.000 unités par an. Ainsi le nombre total de véhicules produits aux Etats-Unis doit atteindre les 240.000 à compter de 2012. «Cette extension nous permettra de couvrir plus de trois quarts des ventes sur le marché américain depuis notre usine locale», a précisé Norbert Reithofer. Par ailleurs, le groupe prévoit d’acheter à l’avenir 60 % de ses composants dans la zone dollar contre 30 % actuellement, afin de réduire sa dépendance aux risques de change. Les analystes ont salué cette démarche, parlant d’un «pas logique» compte tenu de l’importance du marché américain. Grâce à l’extension de la production aux Etats-Unis et la suppression cette année de 8.000 emplois en Allemagne, BMW veut économiser quelque 6 milliards d’euros d’ici à 2012. Cette mesure doit permettre au groupe de relever sa marge à un niveau de 8 % à 10 % contre 6,4 % l’an dernier. Pour son patron, cette amélioration est la «condition sine qua non» pour garantir l’indépendance du groupe à l’avenir. A la Bourse de Francfort l’annonce a été saluée par une hausse du cours supérieure à 6 %.
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