BlackRock et State Street lorgnent les ETF de Credit Suisse
State Street porterait sa part de marché de 1% à 6,6% en Europe. BlackRock, déjà numéro un, pourrait faire face à des problèmes de concurrence
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Virginie Deneuville
Alors que Credit Suisse a entamé un plan de restructuration et de cessions en vue de renforcer son bilan dans le sillage des nouvelles règles de solvabilité, la banque suisse aurait mis en vente son activité dédiée aux ETF (fonds indiciels cotés), selon des sources proches du dossier citées par Reuters et le Financial Times. BlackRock, via sa filiale iShares, et State Street seraient sur les rangs. Un troisième candidat aurait également remis une proposition à l’issue de la période des remises d’offres, deux semaines plus tôt.
«Ce troisième candidat peut être soit un acteur américain qui souhaite prendre pied en Europe, à l’image de Vanguard, soit un acteur européen voulant grossir, à l’image de Deutsche Bank ou Société Générale (14,4% et 11,9% de part de marché, ndlr)», relève un professionnel.
Credit Suisse se classe en quatrième place des fournisseurs d’ETF en Europe, avec une part de marché de 5,6% (1% au niveau mondial), selon un classement réalisé par ETFGI à fin septembre 2012. Les activités de la banque suisse, principalement centrées sur les ETF à réplication synthétique en Europe, représentent quelque 17 milliards de dollars (13 milliards d’euros).
Pour State Street, numéro deux mondial avec une part de marché de 15,6%, une telle acquisition lui permettrait de prendre de l’envergure en Europe. Toutefois, le gérant, qui porterait ainsi sa part de marché de 1% à 6,6%, doit actuellement faire face à la critique de certains de ses gros actionnaires. Ces derniers lui reprochent notamment d’avoir surpayé des acquisitions, la dernière en date étant la reprise des services d’administration de hedge funds de Goldman Sachs, pour 550 millions de dollars.
En mettant la main sur les activités de Credit Suisse, BlackRock, numéro un mondial et européen avec des parts de marché respectives de 41,6% et 40,8%, consoliderait son emprise sur le Vieux Continent. Le gérant pourrait néanmoins affronter un blocage des autorités de la concurrence face à une position pouvant être jugée dominante. Cette acquisition représenterait la deuxième cette année pour BlackRock dans le domaine des ETF, le gérant ayant acheté le canadien Claymore Investments à Guggenheim Partners. «L’effet taille joue à plein dans le secteur des ETF. Alors que ce dernier se révèle très fragmenté, la consolidation semble inévitable», explique le professionnel.
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