Bien que dans la course, Pernod-Ricard n’est pas favori pour Absolut
Dans trois semaines, le repreneur de Vin & Spirit (vodka Absolut) devrait être connu. Ce pourrait être Pernod-Ricard, qui fait partie des quatre candidats ayant déposé une offre auprès du gouvernement suédois. Néanmoins, « le succès est loin d’être acquis », résume une note de CM-CIC.
Se pose d’abord la question du financement. Sachant que le groupe ne veut pas de dilution pour cette opération estimée à 4,5 milliards d’euros, «seul un financement par endettement est envisagé», poursuit CM-CIC. Pour l’instant, Pernod dispose de 2 milliards de lignes de crédit et reste soumis à des conventions bancaires limitant sa dette à 4,25 fois l’Ebitda. Dès lors, un rachat impliquerait une renégociation. De fait, « la dette nette approcherait 10 milliards d’euros pour un multiple de dette sur Ebitda de près de 5 », calcule le bureau en jugeant la situation « supportable » mais « tendue ».
Les obstacles financiers ne sont de surcroît pas les seuls. Déjà proche de V&S grâce à des liens commerciaux (jusqu’en 2012) et capitalistiques, « Fortune Brands fait toujours office de favori, position renforcée par l’accord passé avec Nordic Capital », précise Aurel.
C’est d’ailleurs l’ensemble de la concurrence qui est jugée sérieuse par les experts. A l’image de Fortune Brands, Bacardi se serait également associé à un fonds suédois, Ratos. Une option 100 % suédoise est même offerte avec le tandem formé par Investor (structure de la famille Wallenberg) et le fonds EQT. Or, pour CM-CIC, « une solution locale (…) pourrait être privilégiée par le gouvernement suédois pour des motifs de nationalisme économique ».
Que ce soit pour des questions stratégiques ou politiques, autant dire que les chances du français apparaissent minces. Une victoire serait donc d’autant mieux accueillie. Surtout que les analystes ne manquent pas de souligner l’intérêt évident pour Pernod-Ricard et sa capacité prouvée à intégrer de grandes acquisitions.
En cas de revers, le groupe aura néanmoins une autre possibilité de compléter sa gamme de vodka. Cette fois avec Stolichnaya. Une solution qui aurait aussi l’avantage d’être moins coûteuse (elle est estimée à 2,5 milliards d’euros). Mais là encore, CM-CIC prévient qu’une reprise est « loin d’être acquise ».
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